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Va-t-on perdre la trace de Jésus sur Terre ?

(8ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 2, 18-22)

IMG_pressoir_mystiqueVoilà une question qui nous vient immédiatement à l’esprit lorsque nous lisons le verset 20 de l’Evangile de ce jour et qui peut se traduire par « Nous jeûnerons lorque le Christ nous sera enlevé. » En d’autres termes, nous serons mis au régime sec lorsque nous aurons perdu trace de Jésus. Et pour pousser encore plus loin, ce que le Christ veut peut-être nous faire comprendre ici, c’est que notre vie sera devenue vide et que nos cœurs seront comme de vieilles pommes flétries si, un jour, le message de Jésus devenait inaudible, noyé dans le brouhaha du monde.

Est-ce possible que nous perdions un jour la trace de Jésus ? Cela ce peut-il que plus personne n’écoute son message d’espoir si beau et que l’on entende dire, dans un siècle ou deux: « Ah oui ! Jésus de Nazareth ! Cela fait bien longtemps que plus personne ne s’en préoccupe ! » Scénario plus que sombre pour nous, chrétiens d’aujourd’hui, qui sommes à l’écoute du Christ, mais qu’il ne faut peut-être pas écarter. En effet, à l’allure où le monde se sécularise et où le matérialisme prend le pas sur le spitituel, il est possible que cela puisse arriver … dans un siècle ou deux ! Qui sait ?

J’ai la rage au cœur parfois quand je vois autour de moi une société « occidentale » qui ne sait plus quoi offrir aux êtres qui la composent, une société où la quête de spiritualité s’amoindrit peu à peu. En particulier, je pense aux jeunes qui n’ont plus de repères sérieux sur lesquels s’appuyer. Leurs parents sont souvent trop occupés à satisfaire leurs ambitions professionnelles ou autres et ne s’occupent plus beaucoup d’eux, et parents et enfants n’arrivent souvent même plus à dialoguer. Les jeunes se ruent sur les réseaux sociaux qui leurs donnent l’illusion d’appartenir à un groupe, à quelque chose de plus grand qu’eux. Les fadaises que l’on y trouve sont assez affligeantes, mais c’est malgré tout une sorte de refuge facile pour les accros des réseaux, même si ces réseaux restent un endroit où « tout est vanité et poursuite du vent*», c’est-à-dire fugace, vain et sans solidité.

Mais gardons espoir car « A vin nouveau, outres neuves » nous dit Jésus. Le vin nouveau est celui qui est issu des vignes que nous travaillons pour le Christ, pour que sa Parole reste vive, un vin aux « arômes de fruits et paré d’une belle robe » comme diraient les œnologues. Ce vin nouveau, mettons-le dans des outres neuves qui sont ici le symbole d’une société renouvelée, avide de la Bonne Nouvelle, recevant cette Parole comme on reçoit un trésor. C’est à cela que nous devrons travailler.

Bernard Vollerin

* L’Ecclesiaste, Chapitre 1, verset 14

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 2, 18-22)

18 Comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vient demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »

19 Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.

20 Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.

21 Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit.

22 Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »


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