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Mordre quand on est mordu ?

(24ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 18, 21-35)

IMG_pardonFaut-il pardonner ? Voila une démarche qui semble bien souvent difficile à nombre d’entre nous… Car le pardon n’est pas quelque chose de naturel ni une vertu humaine universelle, loin de là. Et comme le dit W.H. Willimon*, célèbre évêque de l’Eglise Méthodiste : « L’humain n’est pas doué pour le pardon, qui n’est pas quelque chose d’inné ou qui fait parti de notre univers émotionnel. Violence, châtiment ou vengeance, quant à eux, sont des attributs humains. Il est en effet naturel pour « l’animal humain » de grogner, de se recroqueviller sur lui-même et de chercher à se défendre lorsqu’il est attaqué. Ou encore de pousser des hurlements quand on lui fait du tort et de mordre quand il est mordu.»

Ce phénomène de l’absence de pardon est également visible chez l’enfant qui, naturellement, ne pardonne pas. On les voit plutôt se battre bec et ongles pour défendre ce qu’ils croient leur appartenir de façon exclusive. Et puis avec l’âge, souvent les choses ne s’arrangent pas d’elles-mêmes. Nous sommes en effet tous sujets aux pressions qu’exerce notre environnement et le pardon est toujours une chose difficile, face aux agressions et aux violences de toute sorte qui s’étalent dans nos journaux et que les médias reprennent à l’envi en nous les décrivant avec un cynisme écœurant. Oui, la société, pas toujours très belle, nous incite souvent à mordre lorsque nous sommes mordus.

Et le message du Christ dans tout cela ? Il est clair, totalement nouveau et fait rupture avec son temps. Jésus prend le contre-pied du « œil pour œil » initial que prônaient des Écritures et nous apprend le pardon. Il nous demande de pardonner « à ceux qui nous ont offensés » et de quitter notre attitude intransigeante, notre rôle de juge où nous nous attardons sur les actes du passé en voulant faire payer le prix fort à ceux qui, selon nous, le méritent.

Gardons à l’esprit que le pardon que nous recevons dépendra du pardon que nous aurons accordé. Apprendre à pardonner n’est pas simple mais c’est notre volonté d’aller de l’avant, d’oublier les morsures du passé et de marcher dans les pas du Christ qui nous y aideront.

Bernard Vollerin

* William H. Willimon, United Methodist Church, Duke University, publié dans « Pulpit Resource », Volume 24, No 3, Année A, 1996

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 21-35)
21 Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

22 Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

23 En effet, le Royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.

24 Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).

25 Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.

26 Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.’

27 Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

28 Mais, en sortant, le serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : ‘Rembourse ta dette !’

29 Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai.’

30 Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé.

31 Ses compagnons, en voyant cela, furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître.

32 Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : ‘Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.

33 Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’

34 Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait tout remboursé.

35 C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur.»


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