2ème dimanche de Carême – Année C

Garder le silence

(2ème dimanche de Carême, année C, Luc 9, 28-36)

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(Traduction en polonais)

IMG_transfiguration: 2ème dimanche de Carême - Année C« Je ne peux  pas contempler Dieu directement. Car c’est un peu comme quand je dois regarder une étoile éloignée sur le côté pour pouvoir la voir. Je dois aussi détourner légèrement mon regard pour apercevoir Dieu. Un Dieu qui peut créer toutes les planètes, les galaxies, les quasars, les arbres et les fleurs est paré d’une gloire trop éclatante pour être contemplé directement. C’est comme un bruit immense trop fort pour mes oreilles. »

Ces mots de Kristen Johnson Ingram*, je me les répète en pensant au visage du Christ « brillant comme le soleil », une beauté dont Pierre, Jacques et Jean doivent faire l’expérience dans le silence. Et cela nous arrive souvent quand l’on regarde le ciel plein d’étoiles, de dire : « Chut, regarde, et tais toi! »

Ce qui arriva aux trois amis de Jésus sur la montagne les laissa sans voix. Ils ne pouvaient même pas tenter de l’expliquer, car c’était tellement exceptionnel, tellement mystérieux. Finalement, ils ne cherchèrent même pas à en parler. Ils suivirent probablement sans difficulté l’ordre que leur donna Jésus : ils gardèrent le silence. Ils ne firent état des souvenirs de cet événement, la Transfiguration du Christ, que quelques années plus tard rappelant l’image éclatante que leur donnait Jésus entouré de Moïse et d’Élie.

Mais comment appréhendons-nous ce mystère de la Transfiguration ? En effet, nous cherchons trop souvent à lire les expériences que nous vivons uniquement à travers des critères de Raison. Les vérités sont analysées, mesurées, pesées et expliquées. Cette approche scientifique est le fondement de notre « modernité ». La Raison devient de plus en plus le seul critère de jugement et l’on entend dire: « si ce n’est explicable, ce n’est pas réel et vrai. »

Le livre du théologien William Placher** explique bien le piège qui nous est tendu : toute transcendance dans notre vie se trouve rejetée car elle n’est pas « domesticable » par notre pensée moderne. De même, petit à petit, Dieu perd toute transcendance, toute sainteté. Nous n’avons plus qu’une vue extrêmement simpliste d’un Dieu qui nous donne « un petit coup de main » pour résoudre nos petits problèmes de tous les jours !

La Transfiguration du Christ ne peut s’appréhender qu’au travers de la présence de Dieu. Croire en Dieu, c’est croire humblement qu’en réalité il existe quelque chose au-delà de l’explicable. C’est un acte de « modestie intellectuelle » où l’on admet qu’il y a une foule de choses que nous ne comprenons pas et qu’il y a un mystère au cœur de ce monde.

Ne descendons donc pas trop rapidement de la montagne !  Restons en contact avec l’inexplicable ! Gardons de l’altitude, prenons le temps de réfléchir et de faire un peu d’espace dans nos vies. Et n’oublions pas que certaines expériences dans nos propres vies n’ont qu’une seule bonne réponse : le silence.

Bernard Vollerin

* Pasteur à la “West End United Methodist Church” de Nashville (Tennessee); publication “Weavings”, 2007.

** « The domestication of Transcendence : How Modern Thinking about God Went Wrong », Westminster John Knox Press, 1999.

Évangile de Jésus-Christ selon St Luc (9, 28-36)

28 Et voici qu’environ huit jours après avoir prononcé ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier.

29 Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante.

30 Et deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,

31 apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.

32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.

33 Ces derniers s’en allaient, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.

34 Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.

35 Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le. »

36 Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul. Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu’ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.

2ème dimanche de Carême – Année B

Garder le silence

(2ème dimanche de Carême, année B, Marc 9, 2-10)

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(Traduction en polonais)

IMG_transfiguration« Je ne peux  pas contempler Dieu directement. Car c’est un peu comme quand je dois regarder une étoile éloignée sur le côté pour pouvoir la voir. Je dois aussi détourner légèrement mon regard pour apercevoir Dieu. Un Dieu qui peut créer toutes les planètes, les galaxies, les quasars, les arbres et les fleurs est paré d’une gloire trop éclatante pour être contemplé directement. C’est comme un bruit immense trop fort pour mes oreilles. »

Ces mots de Kristen Johnson Ingram*, je me les répète en pensant au visage du Christ « transfiguré », une beauté dont Pierre, Jacques et Jean doivent faire l’expérience dans le silence. D’ailleurs, quand nous regardons le ciel plein d’étoiles, cela nous arrive souvent de dire : « Chut, regarde, et tais toi! »

Ce qui arriva aux trois amis de Jésus sur la montagne les laissa sans voix. Ils ne pouvaient même pas tenter de l’expliquer, car c’était tellement exceptionnel, tellement mystérieux. Finalement, ils ne cherchèrent même pas à en parler. Ils suivirent probablement sans difficulté l’ordre que leur donna Jésus : ils gardèrent le silence. Ils ne firent état des souvenirs de cet événement, la Transfiguration du Christ, que quelques années plus tard rappelant l’image éclatante que leur donnait Jésus entouré de Moïse et d’Élie.

Mais comment appréhendons-nous ce mystère de la Transfiguration aujourd’hui ? En effet, nous cherchons trop souvent à lire les expériences que nous vivons uniquement à travers des critères de Raison. Les vérités sont analysées, mesurées, pesées et décortiquées. Cette approche scientifique est le fondement de notre « modernité ». La Raison devient de plus en plus le seul critère de jugement et l’on entend dire: « si ce n’est explicable, ce n’est pas réel et donc ce n’est pas vrai. »

Le livre du théologien William Placher** explique bien le piège qui nous est tendu : toute transcendance dans notre vie se trouve rejetée car elle n’est pas « domesticable » par notre pensée moderne. De même, petit à petit, Dieu perd toute transcendance, toute sainteté. Nous n’avons plus qu’une vue extrêmement simpliste d’un Dieu qui nous donne « un petit coup de main » pour résoudre nos petits problèmes de tous les jours !

La Transfiguration du Christ ne peut s’appréhender qu’au travers de la présence de Dieu. Croire en Dieu, c’est croire humblement qu’en réalité il existe quelque chose au-delà de l’explicable. C’est en fait un acte de modestie intellectuelle où l’on admet qu’il y a une foule de choses que nous ne comprenons pas et qu’il y a un mystère au cœur de ce monde.

Ne descendons donc pas trop rapidement de la montagne !  Restons en contact avec l’Inexplicable ! Gardons de l’altitude, prenons le temps de réfléchir et de faire un peu d’espace dans nos vies. Et n’oublions pas que certaines expériences dans nos propres vies n’ont qu’une seule bonne réponse : le silence.

Bernard Vollerin

* Pasteur à la “West End United Methodist Church” de Nashville (Tennessee); publication “Weavings”, 2007.

** « The domestication of Transcendence: How Modern Thinking about God Went Wrong », Westminster John Knox Press, 1999.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 9, 2-10)

02i  Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux.
03  Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
04  Élie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus.
05  Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
06  De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.
07  Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »
08  Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
09  En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
10  Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

2ème dimanche de Carême – Année A

Garder le silence

(2ème dimanche de Carême, année A, Matthieu 17, 1-9)

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(Traduction en polonais)

IMG_transfiguration« Je ne peux  pas contempler Dieu directement. Car c’est un peu comme quand je dois regarder une étoile éloignée sur le côté pour pouvoir la voir. Je dois aussi détourner légèrement mon regard pour apercevoir Dieu. Un Dieu qui peut créer toutes les planètes, les galaxies, les quasars, les arbres et les fleurs est paré d’une gloire trop éclatante pour être contemplé directement. C’est comme un bruit immense trop fort pour mes oreilles. »

Ces mots de Kristen Johnson Ingram*, je me les répète en pensant au visage du Christ « brillant comme le soleil », une beauté dont Pierre, Jacques et Jean doivent faire l’expérience dans le silence. Et cela nous arrive souvent quand l’on regarde le ciel plein d’étoiles, de dire : « Chut, regarde, et tais toi! »

Ce qui arriva aux trois amis de Jésus sur la montagne les laissa sans voix. Ils ne pouvaient même pas tenter de l’expliquer, car c’était tellement exceptionnel, tellement mystérieux. Finalement, ils ne cherchèrent même pas à en parler. Ils suivirent probablement sans difficulté l’ordre que leur donna Jésus : ils gardèrent le silence. Ils ne firent état des souvenirs de cet événement, la Transfiguration du Christ, que quelques années plus tard rappelant l’image éclatante que leur donnait Jésus entouré de Moïse et d’Elie.

Mais comment appréhendons-nous ce mystère de la Transfiguration ? En effet, nous cherchons trop souvent à lire les expériences que nous vivons uniquement à travers des critères de Raison. Les vérités sont analysées, mesurées, pesées et expliquées. Cette approche scientifique est le fondement de notre « modernité ». La Raison devient de plus en plus le seul critère de jugement et l’on entend dire: « si ce n’est explicable, ce n’est pas réel et vrai. »

Le livre du théologien William Placher** explique bien le piège qui nous est tendu : toute transcendance dans notre vie se trouve rejetée car elle n’est pas « domesticable » par notre pensée moderne. De même, petit à petit, Dieu perd toute transcendance, toute sainteté. Nous n’avons plus qu’une vue extrêmement simpliste d’un Dieu qui nous donne « un petit coup de main » pour résoudre nos petits problèmes de tous les jours !

La Transfiguration du Christ ne peut s’appréhender qu’au travers de la présence de Dieu. Croire en Dieu, c’est croire humblement qu’en réalité il existe quelque chose au-delà de l’explicable. C’est un acte de « modestie intellectuelle » où l’on admet qu’il y a une foule de choses que nous ne comprenons pas et qu’il y a un mystère au cœur de ce monde.

Ne descendons donc pas trop rapidement de la montagne !  Restons en contact avec l’inexplicable ! Gardons de l’altitude, prenons le temps de réfléchir et de faire un peu d’espace dans nos vies. Et n’oublions pas que certaines expériences dans nos propres vies n’ont qu’une seule bonne réponse : le silence.

Bernard Vollerin

* Pasteur à la “West End United Methodist Church” de Nashville (Tennessee); publication “Weavings”, 2007.

** « The domestication of Transcendence : How Modern Thinking about God Went Wrong », Westminster John Knox Press, 1999.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 17, 1-9)

01i  Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne.
02  Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.
03  Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
04  Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
05  Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ; et, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! »
06  Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d’une grande frayeur.
07  Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur ! »
08  Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.
09  En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »