Présentation du Seigneur au Temple (2 février) – Années A-B-C

Mes yeux ont vu ton Salut

(2 février, Présentation du Seigneur au Temple, années A-B-C, Luc 2, 22-32)

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(Texte en polonais, traduction de Joanna S.)

IMG_presentation_temple_2Tiens ! Encore une fois ce rituel des 40 jours… La Présentation au Temple se fait 40 jours après Noël.… comme l’on parle des 40 jours passés par Jésus au désert, des 40 jours de Carême, etc… ou encore chez les musulmans quand on célèbre le 40ème jour après la mort d’une personne. Les exemples sont légion.

Chez les Juifs de l’époque, il fallait que les parents d’un nouveau-né se purifient pendant 40 jours. Au terme de cette période, pour un enfant mâle, ils devaient venir présenter leur enfant aux prêtres du Temple conformément à la loi de Moïse. La tradition voulait également que les parents amènent un présent à offrir en sacrifice. Au minimum il s’agissait d’un couple de tourterelles ou de deux pigeons. Les plus riches devaient même apporter un agneau.

Cette fête de la Purification ce déroule donc 40 jours après la naissance du Christ que nous célébrons à Noël. Et puis le temps a passé et maintenant on appelle très souvent cette fête la Chandeleur. Ce nom vient du mot « chandelle » car, en effet, à partir du VIème siècle on célébrait à Rome à cette occasion, une procession qui commençait tôt le matin et devait se faire à la lumière de flambeaux ou de cierges, c’est-à-dire de chandelles. D’où le nom de chandeleur : la fête des chandelles. Cette fête fut et est célébrée dans toutes les Églises chrétiennes dans le monde.

Mais au-delà de ces « détails historiques », ce que nous apporte l’Évangile de ce jour ce sont des mots forts comme « Messie », « Lumière » et « Salut ». Ah oui, Syméon, homme juste et sage, sois heureux car ton âme brûlait du désir intense de voir le Messie, et ton vœu s’est accompli. A mille ans de distance, l’Abbé Guerric d’Igny* nous a fait de son côté une synthèse magistrale sur la rencontre de Syméon et de Jésus que je cite ici: « Réjouis-toi, juste vieillard, vois ce que par avance tu avais vu : les ténèbres du monde sont dissipées, les nations marchent à sa lumière, la terre entière est remplie de la lumière que tu portes en tes bras… Et vous frères, voyez le cierge qui brûle entre les mains de Syméon, allumez vos cierges en lui empruntant sa lumière. Alors, non seulement vous porterez une lumière entre vos mains, mais vous serez vous-mêmes lumière. Lumière dans vos cœurs, lumière dans vos vies, lumière pour vous, lumière pour vos frères ».

Mon Dieu, tu nous as envoyé ton Fils Jésus, et par lui mes yeux ont vu ton salut. Et cette vision je veux la porter aux quatre coins de la Terre pour que tous sachent qui Tu es, et qu’ils puissent connaitre la beauté de ton royaume.

Bernard  Vollerin

* Abbé Guerric d’Igny, moine cistercien, originaire de Tournai (Belgique), décédé en 1157 en l’Abbaye d’Igny (France), auteur de nombreux sermons.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 2, 22-32)

22 Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.

24 Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

26 L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur.

27 Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient.

28 Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

29 « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu ton salut,

31 que tu as préparé à la face de tous les peuples :

32 lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. »

Sainte Famille – Année B

Ah ! Quelle famille !

(Fête de la Sainte Famille, année B, Luc 2, 22-40)

IMG_sainte_famileCette expression, nous l’entendons très souvent lorsque des tensions se font jour en famille : les uns se plaignent de ceci, les autres de cela … bref, personne n’est d’accord et le risque d’éclatement de la famille augmente dangereusement.

Cependant, avant de claquer la porte, chacun se remémore que sa famille représente tout de même quelque chose de très spécial : c’est l’endroit où l’on a fait ses premiers pas, où l’on a appris à aimer et à être aimé, où l’on a appris à faire confiance et à mériter la confiance. Cette « cellule de base de la société » est un peu une école à domicile où nous avons tous fait notre apprentissage de la vie. Remettre en cause de la notion même de famille, claquer la porte et tout quitter, c’est porter gravement atteinte à l’équilibre souvent fragile de notre société.

Aussi, quel grand souffle d’air frais ressentons-nous en regardant cette autre famille, bien particulière, qu’il nous est donné de rencontrer dans le texte de Luc d’aujourd’hui. Dans cette Sainte Famille, les parents sont d’une grande bonté, respectueux du devoir et des coutumes. Ils viennent présenter Jésus au Temple. Mais la présence de Jésus ne passe pas inaperçue : deux personnes l’identifient comme étant le Messie ! Les parents s’en étonnent, comme ils écoutent sans bien comprendre les paroles de Siméon : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. »

Cet enfant « tout rempli de sagesse » a la Grâce de Dieu sur lui. Certes, comme le prédit Siméon, il provoquera la chute de certains et il brisera le monopole des prêtres juifs qui imposaient leur Loi. Mais il apportera également tant au monde, en entrainant les foules derrière lui, en formant des disciples venus du peuple et en nous laissant un enseignement que la grande famille des chrétiens a su nous transmettre.

Honorons Jésus comme nous honorons toute la Sainte Famille, car même à 2000 ans de distance nous ressentons encore tout l’amour que Marie a porté à son enfant et toute la rigueur de l’enseignement que Joseph a transmis à Jésus. Ah oui !….Quelle Famille ! Quelle Sainte Famille, qui, avec l’aide de Dieu, a préparé Jésus a son destin de Messie.

Bernard Vollerin

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 2, 22-40)

22  Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
23  selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.
24  Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
25  Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
26  L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur.
27  Poussé par l’Esprit, Siméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient.
28  Siméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
29   « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole.
30  Car mes yeux ont vu ton salut,
31  que tu as préparé à la face de tous les peuples :
32  lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. »
33  Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui.
34  Siméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division.
35  – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. »
36  Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
37  Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
38  S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
39  Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
40  L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

5ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Sel et lumière

(5ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 5, 13-16)

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(Texte en polonais)

IMG_seldelaterre_et_lumiredumondeLe sel de la terre et la lumière du monde : c’est ce que nous sommes, nous dit Jésus. Mais comment peut-on être à la fois matière et rayonnement ? Que signifient ces deux symboles qu’emploie Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui ?

Le sel, pour beaucoup d’entre nous, c’est ce qui vient titiller nos papilles et donne du goût à ce que nous mangeons. D’insipides, certains aliments deviennent consommables. Mais le sel, c’est aussi et avant tout un produit qui permet de conserver notre nourriture plus longtemps. Il était un élément essentiel dont on ne pouvait pas se passer lors des grands périples qu’entreprenaient les voyageurs d’autrefois pour préserver les viandes et autres denrées périssables. Sans lui, par exemple, la découverte et le développement du continent américain n’auraient pas été possibles.

Le sel était si précieux à une certaine époque que l’on payait une taxe sur le sel, la fameuse gabelle instituée en France au 14ème siècle. Il garde cette image de purification et de sacré dans certains pays, comme par exemple à Madagascar, où « sel » et « bénédiction » se traduisent par un seul mot : Fanasina. C’est ce symbole de pureté intérieure qu’il faut retenir dans la parabole de Jésus.

Et la lumière dans tout cela ? En fait, de par notre naissance, nous sommes tous porteurs de lumière, porteurs de quelque chose à transmettre. Ce que Jésus nous demande, c’est de ne pas être une lumière dormante cachée « sous le boisseau », mais une lumière active et bien vivante car, en fin de compte, « en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père. »

N’entendons-nous pas très souvent dire : « Vous les chrétiens, vous passez votre temps à vous abriter au fond de vos églises pour prier, repliés sur vous-mêmes! » Et bien c’est cela que Jésus nous demande de changer. Ne restez pas retranchés derrière vos murs ! Sortez et faites le bien autour de vous ! Portez vos torches  dans les coins les plus sombres pour apporter cette lumière qui embrasera le cœur de ceux que vous rencontrerez ! Car en somme cette lumière, c’est nous, avec ce que nous accomplissons comme témoins vivants de la parole du Christ.

Finalement, la pureté intérieure que donne le sel et la parole de Jésus qui fait de nous des porteurs de lumière dans le monde s’unissent et sont une seule et même expression de notre foi.

Bernard  Vollerin

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 13-16)
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

13 « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

15 Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

16 De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.