Sainte Trinité – Année B

Jeu de miroirs

(Sainte Trinité, année B, Matthieu 28, 16-20)

IMG_ste-trinite-B-jeu-de-miroirsEn voyant Jésus, « Certains eurent des doutes » nous dit Matthieu aujourd’hui. Mais des doutes sur quoi ? Il n’y a pas de réponse.

Je pense qu’ils eurent des doutes sur cet homme qui leur révélait tant de choses, trop de choses même, à tel point que leurs esprits se brouillaient. Il leur parlait du Père, du Fils et du Saint Esprit. Mais que voulait-il donc dire ? Plus il parlait, plus le mystère s’épaississait!

Et nous, comment appréhender cette notion de Trinité ? Comment mettre ensemble les pièces d’une sorte de puzzle composé du Créateur (le Père), du Sauveur (le Fils) et de la Nourriture spirituelle (le Saint-Esprit) ? En fait, il s’agit d’un faux problème : tout dépend de la façon dont nous regardons les choses. C’est comme un jeu de miroirs.

Dieu est Père, créateur. Au-delà de ce que nous voyons, de l’évolution de certaines espèces, de toutes les recherches que les biologistes ou les physiciens peuvent faire sur le génome, le bigbang, les exo planètes et autres, il y a un dessein, un but, une réalité invisible qui dépasse de loin la somme de tous les éléments que la science et nous-mêmes découvrons tous les jours. Ce dessein, c’est Dieu.

Dieu est Fils, sauveur. Jésus de Nazareth a vécu en Galilée les trente premières années de sa vie où il ne s’est pas passé grand chose. Et puis, se fut la révélation lors de sa rencontre avec Jean le Baptiste sur les bords du Jourdain. Dieu s’est fait chair en Jésus qui n’a ensuite cessé de professer cette philosophie inspirée de Dieu, faite d’amour et d’humanisme si profond que ses contemporains ont de suite vu en lui le sauveur.

Dieu est Saint-Esprit, nourriture spirituelle. C’est ce que nous a laissé le Christ après avoir quitté cette terre. Ce Saint Esprit nous anime comme il a animé les disciples à la Pentecôte. Il nous donne la force de mettre en pratique la philosophie du Christ.

Au-delà de la Sainte-Trinité, ces trois facettes de Dieu que l’on aperçoit comme dans ce jeu de miroirs, Dieu est un et reste un. Mais Dieu demeure cependant un mystère pour le plus grand nombre d’entre nous. Regardons tout cela avec la plus grande humilité sans prétendre « tout savoir » ou vouloir tout expliquer ! Gardons à l’esprit que certaines questions n’ont pas forcément de réponse.

Bernard

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 28, 16-20)

16  Au temps de Pâques, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
17  Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
18  Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
19  Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
20  et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

7ème dimanche de Pâques – Année A

Père, je viens vers toi

(7ème dimanche de Pâques, Année A, Jean 17, 1-11)

IMG_7eme_paques_a_pere_je_viens_vers_toiJésus prie. Il invoque son Père.

Nous pensons souvent, mais à tort, que les derniers mots de Jésus sont ceux de la croix, juste avant sa  mort. Mais c’est oublier tout ce qu’il a dit et transmis à ses disciples après sa résurrection. L’évangile d’aujourd’hui est extrêmement riche à cet égard.

Dans sa prière, Jésus s’adresse au Père songeant à tous ceux qui resteront ici-bas une fois qu’il aura quitté cette terre. Cette prière concerne bien sûr les disciples du Christ,  mais aussi nous-mêmes, nous qui avons « gardé fidèlement » la parole du Seigneur. Jésus intercède auprès du Père pour que nous, ses disciples de maintenant, puissions continuer à le glorifier, à propager son enseignement, nous qui sommes « dans le monde. »

Mais notre mission ne s’arrête pas là. Nous qui croyons au Christ, nous qui sommes des baptisés, nous avons également le devoir d’agir « dans le monde. » A quelque niveau que ce soit, même humblement, dans notre environnement immédiat, il nous faut œuvrer pour plus de justice, plus d’amour, plus de paix.

Alors, plus tard, lorsque l’heure sera venue, en nous tournant vers le Seigneur nous pourrons dire sereinement, comme Jésus : « Père, je viens vers toi. »

Bernard Vollerin

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jean 17, 1-11)

01  Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
02  Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
03  Or, la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
04  Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée.
05  Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j’avais auprès de toi avant le commencement du monde.
06  J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
07  Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
08  car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d’auprès de toi, et ils ont cru que c’était toi qui m’avais envoyé.
09  Je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés : ils sont à toi,
10  et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
11  Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.