Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ – Année C

Mais où sont passés les douze paniers pleins ?

(Sacrement du Corps et du Sang du Christ, année C, Luc 9, 11b-17)

IMG_pains_et_poissons_douze_paniers_200_150Oui ! Le Christ soulage ses disciples de leur angoisse ! Ceux-ci n’arrivaient pas à se faire à l’idée qu’il lui était possible de nourrir plus de cinq mille personnes avec deux poissons et cinq morceaux de pain. Ils doutaient … et finalement « Tous mangèrent à leur faim ».

Ce moment de la vie de Jésus reste bien sûr un mystère pour nous tous et il n’y a d’ailleurs pas lieu d’épiloguer longuement sur le témoignage de Luc, cet évènement relevant avant tout de la nature divine du Christ.

Mais, ce qui mérite d’être commenté un peu plus, c’est cette mention, que l’on retrouve également chez les autres évangélistes, de l’existence de pains non distribués et qui remplirent douze paniers. Que voulaient nous faire comprendre les évangélistes ? Où sont donc passés ces douze paniers ? Et surtout quel message le Christ nous transmet-il au travers de cette image ?

La réponse est limpide : le Christ nous donne mission de porter à notre tour le contenu de ces douze paniers à ceux qui ont besoin de nourriture. Porter le pain, c’est-à-dire porter la communion, l’eucharistie comme une reconnaissance de tout ce que Jésus a fait ici-bas.

En grec, le mot « Efharisto » qui signifie action de grâce, reconnaissance rendue à Dieu, ou simplement « merci », trouve son étymologie dans « Eucharistia » qui dans notre langue est « eucharistie ». Le Christ ordonne à ses apôtres, et donc à nous : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Pour ce faire, le Christ leur donne le pain du partage, comme il nous donne le bon message, pour que nous le partagions et le portions aux quatre coins de la terre. Les pains de ces douze paniers pleins qui nous sont confiés représentent, en fait, tout ce que le Christ veut que nous partagions.

Alors mettons nous en route ! Allons distribuer les pains du Seigneur et répandre la bonne nouvelle ! L’Esprit Saint nous y aidera.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus selon Saint Luc (9, 11b-17)

11b Jésus parlait du règne de Dieu à la foule, et il guérissait ceux qui en avaient besoin.

12 Le jour commençait à baisser. Les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule, ils pourront aller dans les villages et les fermes des environs pour y loger et trouver de quoi manger : ici nous sommes dans un endroit désert. »

13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons… à moins d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. »

14 Il y avait bien cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante. »

15 Ils obéirent et firent asseoir tout le monde.

16 Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils distribuent à tout le monde.

17 Tous mangèrent à leur faim, et l’on ramassa les morceaux qui restaient : cela remplit douze paniers.

13ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Faites de la place pour Jésus !

(13ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 10, 37-42)

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IMG_13eme_TO_A_faites de la place pour jesusAvons-nous peur d’accueillir ? Ou bien, avons-nous peur de donner ? Savons-nous offrir l’hospitalité, faire un effort pour sortir de nos égoïsmes, reconnaitre aussi que nous restons toujours en attente de l’amour d’autrui ? Et avons-nous conscience que la famille des chrétiens est notre famille, plus large et plus riche que celle que nous a donnée nos parents ? Ce sont en fait les questions que nous pose Jésus aujourd’hui et je ne suis pas sûr que nous ayons les bonnes réponses à ces questions.

Est-il besoin de rappeler que sans le message de Jésus, sans spiritualité et sans Dieu, la vie n’a aucun sens et « celui qui veut garder sa vie pour soi la perdra » comme le dit Jésus. En effet, plus nous nous attachons aux récompenses matérielles comme le pouvoir, l’argent ou les distractions en tout genre qui défilent devant nos yeux, plus nous découvrons combien tout ceci est vide : nous devenons des moutons, de simples objets que l’on manipule au gré des modes et des tendances du moment. Nous ne vivons plus que dans la fugacité et le virtuel : notre énergie et notre vie s’en vont se perdre dans les nuages.

Il faut bien admettre que cette méconnaissance de la parole du Christ et cette absence de spiritualité se font une part de plus en plus belle dans notre société. Notre monde devient une ode permanente à l’hédonisme, un univers où l’on veut jouir de tout… et vite. C’est un peu ce qu’André Gide* mettait en avant évoquant la sensualité « tous azimuts », qui occupe tout l’espace qui nous entoure. Et les choses ne vont qu’en empirant !

Ne penser qu’à mettre la main égoïstement sur ces « nourritures terrestres » et oublier notre prochain n’est pas une fin en soi. Cessons donc de courir ainsi après tous ces leurres, ouvrons nos cœurs et faisons de la place pour Jésus ! Et comme il nous le demande, « donnons à boire aux plus petits », sans attendre de retour, mais simplement au nom d’un amour à partager.

Bernard Vollerin

* André Gide, Les nourritures terrestres, 1897, édité chez Gallimard en 1942.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 37-42)

37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;

38 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.

39 Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera.

40 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.

41 Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste.

42 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. »

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ – Année A

Jésus, nous avons faim de toi

(Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ, année A, Jean 6, 51-58)

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IMG_chair_sangDes expressions comme la « traversée du désert », « la manne céleste » ou bien « le pain descendu du ciel » sont devenues familières. Si familières que nous en oublions non seulement l’origine, mais aussi la signification profonde.

Dans l’évangile de ce jour, en parlant de sa chair et de son sang, Jésus se fait volontiers « provocateur ». Il choque les juifs qui discutent entre eux. Il heurte ses disciples qui, comme le rapporte Jean (6, 60-66), s’enflamment en disant : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! » Et certains cessèrent même de marcher avec lui.

En fait, sur le champ, les disciples ne comprennent pas : les mots du Christ sont comme une lumière qui vient percer les ténèbres, mais elle s’y perd. Les disciples, qui prennent les paroles de Jésus au premier degré, ne voient pas qu’il leur demande simplement  de se nourrir de son enseignement, celui-là même qu’il a reçu du Père. C’est de nourriture spirituelle dont Jésus parle.

Jésus, nous avons faim de toi. Tu as délivré tes contemporains du mal, des lois des pharisiens, et tu les as convertis, leur donnant de surcroît l’Esprit Saint pour qu’ils aient la force de porter la Bonne Nouvelle jusqu’au bout du monde.

Les nourritures terrestres satisfont notre estomac, oui, c’est vrai. Mais ce n’est qu’en buvant et en mangeant à ta table où tu nous nourris de ton Esprit que nous serons rassasiés au plus profond de nos cœurs.

Bernard Vollerin

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 51-58)

51i  Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
52  Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53  Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.
54  Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
56  Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
57  De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
58  Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »