Commémoration des Défunts (2 novembre) – Années A-B-C

Retrouver nos racines

(2 novembre, Commémoration des Défunts, année A-B-C, Luc 7, 11-17) — 

 

IMG_racines« La nuit la plus sombre a une fin lumineuse ! » Ces mots de Nizami de Gandja* me reviennent en ce jour de la Commémoration des Défunts. Car si fuir la mort est une tentation à laquelle nous avons à faire face au cours de notre existence, aujourd’hui elle est bien là, solidement campée en face de nous, nous observant lorsque nous venons honorer nos morts.

En fait, oui, que cherchons-nous en venant nous recueillir sur les tombes de nos proches disparus ? Retrouver ce qu’ils ont été pour nous ? Des parents façonnant notre enfance ? Une épouse avec qui nous avons fait un bout de chemin sur la terre ? Ou encore un ami que nous avons tant apprécié ?

Je crois que nous venons avant tout retrouver nos racines humaines, familiales ou mêmes culturelles, des racines qui plongent au plus profond de la terre pour en retirer cette sève qui nous imprègne jusqu’au bout des ongles. Car les défunts font partie de nos racines, celles qui nous rassurent, celles qui nous rendent si différents les uns des autres face à cette uniformisation galopante qui s’empare de notre monde et qui se répand plus vite que la peste au Moyen-âge.

Oui, les défunts nous ramènent doucement à nos vraies racines dans un monde où tout file entre les doigts, un monde fait d’idées qui zigzaguent à la vitesse de la lumière sur internet, un monde où tout devient virtuel, un monde où l’on surfe et l’on fait des « clics » sur les choses et les gens, souvent sans les voir…

Car ici, près de nos défunts, en touchant la pierre d’une tombe, nous touchons nos racines. « Chaque instant de la vie est un pas vers la mort » écrivait Pierre Corneille**, et c’est bien là l’endroit où il faut s’en souvenir. Nos racines sont ce que nous avons de plus fort et elles aident ceux qui ont à franchir ce passage de la vie à la mort. Et ce jour là, dans la lumière, Dieu viendra leur rendre leur visage d’enfant en les emportant près de lui.

Bernard Vollerin

* Nizami de Gandja, poète et savant persan né vers 1140

** Pierre Corneille : Tite et Bérénice

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 7, 11-17)

11 Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.
12 Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme.
13 En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »
14 Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »
15 Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
16 La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
17 Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

5ème dimanche de Carême – Année A

Alors Jésus pleura

(5ème dimanche de Carême, année A, Jean 11, 1-45)

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(Traduction en polonais)

CA n’en pas douter, si l’on demandait aux enfants de citer un verset de la Bible très facile à retenir, ils diraient : « Jean 11, verset 35 : Alors Jésus pleura ». En effet, c’est le verset le plus court de la Bible ! A ce titre, il reste dans la mémoire de nombre d’entre nous.

Quand Jésus arrive à Béthanie, petite ville près de Jérusalem, son ami Lazard est déjà mort. Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, lui reprochent vertement d’arriver trop tard car, estiment-elles, il aurait pu le sauver comme il en a sauvé d’autres. Ce qui se passe alors et bien difficile à comprendre, pour nous, à ce stade. Jean est d’ailleurs très succinct dans sa description des faits. Il nous dit simplement : «Après cela, il cria d’une voix forte: «Lazare, viens dehors!» Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit: «Déliez-le, et laissez-le aller.»

Jésus avait bien sûr déjà dit à Marthe : «Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » Mais, en hommes « modernes », nous pouvons réagir au premier degré en disant : « Holà ! Attendez un peu. Des choses comme ça ne peuvent pas arriver ! » Et de nous retrancher dans un analyse de la plausibilité strictement physiologique de cet événement. Est-ce bien la bonne chose à faire?

Nous en revenons toujours à cette attitude matérialiste qui inonde le monde où l’on entend répéter à l’envi : « Si ce n’est pas explicable, ce n’est pas vrai ! » Oui, les hommes « modernes » s’accommodent mal du mystère. Ça les dérange. Mystère de la Vie, mystère de la Mort, mystère de la Foi perdue puis retrouvée. Quand à la Résurrection, n’en parlons pas !

Il n’en reste pas moins que les témoignages de personnes cliniquement mortes pendant des heures et des heures et qui reviennent à la vie, il y en a plein nos téléviseurs et plein sur les rayons de nos libraires. Ils font bien sûr les choux gras de présentateurs ou d’auteurs qui n’y trouvent souvent que le profit comme motivation. Mais ces témoignages sont là, avec de longues listes de faits inexplicables, surprenants, mystérieux…et qu’il faut bien admettre.

Il n’y a donc pas lieu ici d’entrer dans un faux débat. Disons seulement : Si Jésus est le Fils de Dieu et Dieu incarné, il peut briser les règles simples de physiologie que nous connaissons à ce jour et ramener à la vie un être cliniquement mort. Il possède la clé de la vie, il possède donc aussi celle de la mort.

« Alors Jésus pleura ». Oui, il pleura pour Lazare son ami si cher, mais il pleura aussi de gratitude pour le don de la vie, sa propre vie. Il versa des larmes de joie pour la promesse de l’amour éternel de Dieu qui l’accompagnera dans la vallée des ombres qui conduit à la mort sur la croix. C’est ce même amour éternel de Dieu qui nous comble, nous et tous les êtres qui nous sont chers.

Bernard Vollerin

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 11, 1-45)

01  Un homme était tombé malade. C’était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe.
02  (Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.)
03  Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
04  En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
05  Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
06  Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait ;
07  alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
08  Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? »
09  Jésus répondit : « Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
10  mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
11  Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je m’en vais le tirer de ce sommeil. »
12  Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
13  Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu’il parlait de la mort.
14  Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort,
15  et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
16  Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! »
17  Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
18  Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une demi-heure de marche environ –
19  beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil.
20  Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison.
21  Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort.
22  Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas. »
23  Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
24  Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. »
25  Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;
26  et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
27  Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »
28  Ayant dit cela, elle s’en alla appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »
29  Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus.
30  Il n’était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
31  Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
32  Elle arriva à l’endroit où se trouvait Jésus ; dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. »
33  Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d’une émotion profonde.
34  Il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur. »
35  Alors Jésus pleura.
36  Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l’aimait ! »
37  Mais certains d’entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
38  Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
39  Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu’il est là. »
40  Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
41  On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
42  Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. »
43  Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
44  Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
45  Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

1er dimanche de Carême – Année A

La Tentation, le Péché et la Mort

(1er dimanche de Carême, année A, Matthieu 4, 1-11)

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(Traduction en polonais de Joanna S.)

IMG_tentation_christEst-ce inéluctable? Sommes-nous condamnés à ne pas pouvoir éviter les tentations qui nous conduisent au péché et à la mort?

«Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer.» Il est certain que les mots de Satan sont d’actualité ! Ils sont légion les « royaumes du monde avec leur gloire » que les as du marketing, les vendeurs de rêve et autres bonimenteurs de notre société de consommation font miroiter devant nos yeux. Et, bien pire, devant les yeux de nos enfants : ils sont vulnérables, tout s’emmêle dans leur tête et ils ne voient pas très bien la distance qui sépare les mirages de la réalité. Notre société devient de plus en plus un tissu de tentations…et rien d’autre.

De la tentation au péché, il n’y a qu’un pas. La lecture du Livre de la Genèse d’aujourd’hui l’illustre bien, avec la symbolique du jardin d’Éden, avec Adam par qui « le péché est entré dans le monde.» Succombons-nous aux tentations qui conduisent au péché ? Bien sûr pas les tentations « simples et ordinaires » comme avoir envie d’un gâteau ! Mais les choses plus fondamentales comme la tentation du pouvoir pour certains, le désir de paraître, pour d’autres, ou encore l’individualisme égoïste qui ronge notre société.

Franchir le pas, se laisser aller à nos tentations avouées ou non, fait de nous des pécheurs car nous perdons de vue l’essentiel : les enseignements du Christ. Si nous ne savons pas dire comme lui « Arrière, Satan ! » le péché s’empare de nous. A la promesse du serpent du livre de la Genèse « vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des Dieux » succède bien vite le regret, le remords et la honte. Puis, comme Adam et Ève qui « connurent qu’ils étaient nus », notre faute, notre péché fait de nous des êtres de peu de bien. Par notre faute, nous nous condamnons, nous entrons dans la mort, celle du cœur, celle de l’Âme.

En cette période de début de Carême, il nous faut retrouver nos repères dans le Christ, aller au désert, prendre conscience des tentations qui sont les nôtres et se tourner vers Dieu pour lui rendre grâce de nous avoir donné son fils venu nous sauver.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 4, 1-11)

01i  Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le démon.
02  Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
03  Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
04  Mais Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
05  Alors le démon l’emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple
06  et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
07  Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
08  Le démon l’emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire.
09  Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer. »
10  Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu adoreras. »
11  Alors le démon le quitte. Voici que des anges s’approchèrent de lui, et ils le servaient.