14ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Ces loups qui croquent les agneaux

(14ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 10, 1-12. 17-20)

(Texte en polonais, traduction de Joanna S.)

Christ agneau de DieuLes disciples de Jésus sont-ils vraiment comme des agneaux au milieu des loups ? En est-il de même pour nous, les ouvriers du Christ, qui essayons de faire résonner sa parole autour de nous ? En fait, et en termes très simples, sommes nous les « bons » et les autres les « méchants » ? Cette description est pour le moins simpliste et si l’on veut opposer un groupe à un autre, nous devrions plutôt parler des « gentils idéalistes » et des « réalistes cyniques » !

La phrase que Jésus prononce face aux soixante douze qu’il désigne pour être envoyés dans les villes et les villages porter la paix, faire le bien et annoncer la venue du Royaume est avant tout là pour frapper les esprits. Par là, il veut prévenir ses envoyés qu’en dépit des apparences la tâche ne sera pas facile et qu’il leur faudra accepter les revers et parfois même les mauvais traitements.

C’est cette même tâche que nous confie le Christ. Il fait de nous les porteurs des idéaux qu’il nous a transmis, mais il nous demande aussi de montrer de la patience, de prendre le temps, d’expliquer encore et encore sa Parole, et de la persévérer dans un environnement parfois sans pitié qui fonctionne sous l’égide des puissants, ceux-là mêmes qui façonnent le monde à leur façon.

Que ce soit au temps du Christ ou de nos jours, notre monde semble bien fonctionner tant que les agneaux restent dociles … et les loups peuvent alors croquer les agneaux à leur guise. Mais où rien ne va plus, c’est justement quand le Christ veut changer ce fameux « système » et lorsqu’en nous envoyant prêcher la paix, l’amour et le partage il fait de nous des rebelles et des empêcheurs de tourner en rond. La chose n’était pas très bien prisée du temps du Christ et il en est de même de nos jours, bien que nous nous trouvions parfois dans des situations en demi-teinte où, à défaut du cœur, la raison prend le pas sur la force. En fait, une sorte de « compromis » qui débouche finalement sur une philosophie altermondialiste comme le décrit Pascal Cauquais*.

Nous, envoyés du Christ, ne craignons pas ! Allons au devant des loups de notre temps pour leur faire comprendre que le monde du « chacun pour soi », de la brutalité et du matérialisme sans limite n’a pas d’avenir. Car, au-delà de la raison, le cœur seul permet de réaliser de belles choses. Il apporte la paix et surtout il honore notre condition d’enfants de Dieu.

Bernard Vollerin

*Pascal Cauquais, Professeur de philosophie : « Petite philosophie pour le loup et l’agneau », Éditions Milan, 2004

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 10, 1-12. 17-20)

01 Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. 02 Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

03 Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

04 N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.

05 Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’

06 S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.

07 Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

08 Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira.

09 Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : ‘Le règne de Dieu est tout proche de vous.’

10 Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites :

11 ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.’

12 Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville.

17 Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »

18 Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair.

19 Vous, je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal.

20 Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

 


 

12ème dimanche du Temps ordinaire – Année C

Pour vous, qui suis-je ?

(12ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 9, 18-24)

Jésus, 12ème dimanche du Temps Ordinaire, Année CQuel défi ! Si Jésus ne veut finalement pas trop savoir ce que les gens pensent de lui, c’est qu’il s’intéresse avant tout à ce que ressentent ses disciples. Par sa question, il leur demande simplement d’annoncer tout haut leur foi en lui. Pierre n’hésite pas une seconde et prononce ce beau témoignage de confiance en Jésus : « Tu es le Messie de Dieu.»

Et pour nous, qu’en est-il ? Comment répondons-nous à cette même question ? L’Esprit Saint nous habite-t-il comme il habitait Pierre à qui le messie a remis les clés de son Église naissante ?

Pour certains les choses sont limpides, mais pour d’autres le chemin est plus long. Surtout de nos jours où le message du Christ nous parvient parfois bien affaibli au milieu de tout un brouhaha médiatique. Quel tintamarre ! On nous abreuve de tout, sauf de l’essentiel, et nous ne prenons plus le temps de poser un regard silencieux sur notre propre vie.

Oui, le chemin est peut-être long, mais avec l’énergie et la ferveur que nous transmet l’Esprit Saint, nous progressons chaque jour dans notre foi pour pouvoir dire à la suite de Pierre : « Oui, le fils de Marie est bien le Messie que nous a envoyé le Seigneur.» Soyons donc les relais du Christ sur la terre en étant ses missionnaires et proclamons sa parole d’Amour à toutes les nations.

BV

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 9, 18-24)

18 Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »

19 Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »

20 Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »

21 Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne,

22 en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

23 Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive.

24 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

10ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Ne pleure pas !

(10ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 7, 11-17)

10ème dimanche du Temps Ordinaire, Année C - Portrait du ChristLe Seigneur dit à une femme en détresse : « Ne pleure pas.»  Il pourrait très bien nous dire la même chose aujourd’hui, car dans un monde où tout se bouscule et s’entremêle, il se peut que tu perdes la boule ! Et il y a de quoi… Tout fiche le camp et tu te sens souvent rejeté, déconsidéré, un peu comme un mouchoir que l’on jette à l’égout. Tes repères disparaissent et tu vois l’amour s’effacer, les gens aboyer, les rancœurs éclater et tout le monde se quereller ou se battre pour moins que rien. Finalement, l’amour devient le grand absent de notre monde où règne l’indifférence et où les apparences prennent le pas sur tout.…

Mais pense au pendule, pense à ce petit instrument qui nous dit qu’après l’hiver revient le printemps… « Christ est vivant, Christ reviendra, Christ est là » chantons nous très souvent au cours des célébrations lors de l’anamnèse. Et c’est bien vrai : il nous a appris, auprès de lui, ce que veut dire Aimer. Il nous a appris l’amour des humbles, des sans-grades écartés par la rutilance des puissants, l’amour des gens simples, sans histoire, et qui se comprennent.

Comme Jésus nous le demande, fais acte d’amour comme lui, un amour sacrificiel, celui qui ouvre un espace dans nos vies, celui qui fait de la place pour Jésus qui vient à nous et qui nous donne sa grâce et nous transcende. Comme le Seigneur sur la montagne ou au désert, fais aussi silence en toi-même, prends le temps d’écouter la Parole de Dieu sans te laisser assommer par tout ce bruit qui t’entoure.

Non, ne pleure pas ! Car viendra le moment où ceux qui t’ont écarté iront ramasser la pierre qu’ils t’avaient jetée. Ils t’ouvriront les bras, et ensemble vous vous lèverez comme le demande Jésus, pour le suivre et marcher dans ses pas. Et garde à l’esprit que Jésus est le seul qui puisse t’apporter le réconfort qui te manque.

Non, ne pleure pas ! Que ce soit face à l’inéluctable ou lorsque la peur te prend aux tripes ou encore face à ce monde dans lequel nous vivons et qui est incapable de nous aider à comprendre notre destin et le pourquoi de notre présence ici-bas. Et souviens-toi que seuls les mots de Jésus apportent une réponse à tout ça. C’est pourquoi je te le redis encore : ne pleure pas.

BV

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 7, 11-17)

11 Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.

12 Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme.

13 En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »

14 Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »

15 Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.

16 La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »

17 Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

3ème dimanche de Pâques – Année C

Amour sans limite

(3ème dimanche de Pâques, année C, Jean 21, 1-19)

IMG_3eme_dim_paques_c_amour_sans_limiteJésus nous donne aujourd’hui une leçon d’amour. Simple, mais de portée universelle. En sollicitant la réponse de Simon-Pierre par trois fois à la question : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? », il lui rappelle en fait les trois reniements que celui-ci prononça lorsque les prêtres et la foule cherchaient tout bonnement à lyncher les disciples de Jésus. Le Christ, non seulement lui pardonne mais il montre à Pierre qu’il l’aime sans limite. Il va même plus loin, quand il dit à Pierre « Sois le berger de mes agneaux. » Par cette petite phrase, il lui demande qu’à son tour il fasse acte d’amour sans limite et, plus généralement, il nous demande que nous tous prenions soin les uns des autres, de nos familles, de nos amis et de ceux qui nous entourent.

Dans notre société d’aujourd’hui qui galope vers je ne sais où, dans ce monde où la tiédeur des âmes et l’égoïsme de chacun m’étonnent et me font mal, il semble que l’on oublie le fondement essentiel de notre humanité : l’amour. Car par la force des choses, l’amour s’efface tout doucement de nos vies comme s’il était devenu inutile. On pense pouvoir vivre sans lui … Et elle est bien loin cette superbe phrase de Paul Léautaud* : «Aimer, c’est préférer un autre à soi-même.»

Les plus belles pages d’amour qu’ait tournées l’histoire sont celles écrites sur le Christ. « Préférer le Christ à soi-même », pour paraphraser Paul Léautaud, s’est aller au-delà de l’amour et exprimer notre foi en lui. Certains diront : « Mais où trouver le Christ ? Comment le trouver en nous-mêmes, sentir sa présence, son réconfort, sentir la force qu’il peut nous donner ? »

En fait ce Christ d’amour est partout. Il traverse les portes fermées à double tour qui nous isolent du reste du monde et qui nous rendent stériles et sourds aux appels de ceux qui veulent entrer pour recevoir un peu d’amour. Il chemine sur les routes à nos côtés comme il l’a fait sur la route d’Emmaüs. Il est sur la berge des lacs et des rivières d’où il tire tant de poissons d’or à distribuer alentour que nous en sommes éblouis.

En tout temps le Christ est près de nous. Il est la doublure de notre âme. Il ne nous laisse pas sans soutien, comme dans notre vie nous n’abandonnons pas ceux que nous aimons vraiment. Il est l’amour même, un amour sans limite.

Bernard Vollerin

* « Propos d’un jour » de Paul Léautaud (1872-1956), éditions Mercure de France, 1947.

Évangile selon Saint Jean (21, 1-19)

 01 Après cela, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.

02 Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.

03 Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.

04 Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.

05 Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »

06 Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.

07 Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l’entendit déclarer que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.

08 Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.

09 En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.

10 Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »

11 Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.

12 Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.

13 Jésus s’approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.

14 C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

15 Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »

16 Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »

17 Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m’aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

18 Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »

19 Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »

4ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Rejetez-vous les prophètes ?

(4ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 4, 21-30)

Jésus et les prophètesÇa fait froid dans le dos !  Et en voyant ce qui arrive à Jésus, il pourrait peut-être nous arriver un peu la même chose, à nous, les relais de Jésus porteurs d’Evangile…

Car reconnaitre et accepter les prophètes, quel que soit leur domaine d’intervention est parfois difficile. Ils tirent très souvent des sonnettes d’alarme et ils dérangent. Ou bien ils voient poindre une embellie dans un monde parfois assez moche, et nous ne les croyons pas. Admettons le : nous ne sommes pas très réceptifs à ceux qui voient ou sentent les choses différemment. À l’évidence, nous sommes affligés de myopie et habités par un scepticisme quasi maladif.

Citons quelques exemples. Ces « prophètes à leur manière », économistes et philosophes  qui annonçaient depuis des décennies les dangers d’un capitalisme sauvage et incontrôlé n’ont rencontré que très peu d’écho… et toute la planète en subit les conséquences.  De même, pour ceux qui entrevoient sur cette terre un monde meilleur fait de plus de justice, de compassion, de respect, que ce soit pour nos semblables ou la nature qui nous entoure, l’accueil est mitigé, au mieux à peine tiède. Et bien sûr comme je le disais plus haut, c’est sans parler de nous, les chrétiens, porteurs de la Bonne Nouvelle et que bon nombre de gens seraient prêts à jeter par-dessus bord. Car nous sommes souvent perçus comme des gêneurs qui remettent en cause le fond de commerce de tous ces vendeurs de boniments qui agitent les yoyos de la société de consommation devant nos yeux !

Jésus en se frottant un peu trop fort aux prêtres de l’establishment de son époque a subit les effets cuisants de la franchise avec laquelle il communiquait son message. Cependant, comme le dit Luc, « passant au milieu d’eux, (il) allait son chemin. »

C’est ce que nous, les relais de Jésus porteurs d’Evangile, devons faire : allons notre chemin, ne nous soucions pas des critiques ou des ricanements des uns ou des autres. Parfois nous serons rejetés comme Jésus l’a été, mais cela n’entamera ni la foi que nous avons en la Parole du Christ, ni notre détermination à annoncer cette Parole au monde. Dépassons notre dimension humaine, allons à l’essentiel, atteignons les cœurs et les âmes et portons cette Parole d’amour d’un Dieu qui habite en nous comme nous habitons en lui.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (4, 21-30)

Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : ‘Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !’ »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

2ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

« Faites tout ce qu’il vous dira »

(2ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Jean 2, 1-11)

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Faites tout ce qu'il vous dira, Noces de CanaLa scène se passe lors d’un mariage, la célébration de l’alliance d’un homme et d’une femme. Les noces dans ce coin du Proche-Orient duraient, et durent encore, plusieurs jours. Donc rien d’étonnant à ce que l’on soit à court de vin dans une telle ambiance festive.

Une histoire d’enfant que l’on cite souvent illustre d’ailleurs bien la scène : de nos jours, un jeune garçon revient du catéchisme et se fait interpeler par son père : « Qu’as-tu étudié aujourd’hui ? ». Le garçon lui répond en disant : « Nous avons appris que Jésus était allé à un mariage et qu’il avait fait du vin à partir d’eau. » Ce à quoi le père répond : «Et… qu’en penses-tu ? » Après avoir réfléchi un long moment, le gamin s’exclame : « Et bien, si tu dois organiser un mariage, assure-toi que Jésus soit là !! »

Nous pourrions épiloguer à l’infini sur ce qu’a réalisé Jésus. En fait, il nous montre qu’il peut nous transformer, nous apporter une nouvelle vie, comme il passe de l’eau des ablutions au vin, célébrant ainsi le début de son temps messianique.

Mais ce n’est pas sur cette transformation miraculeuse que j’aimerais insister, mais sur la phrase, apparemment anodine, que prononce Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Par cet appel, Marie nous demande à tous d’être attentif au message de son fils, ce message que le Christ nous transmettra durant les trois ans que durera son ministère. En agissant dans le sens de ce message, nous sommes progressivement transformés et notre vision des choses n’est plus la même. Le banal se change en surnaturel. L’eau de notre vie devient le vin de nos noces avec le Seigneur et nous fêtons alors notre nouvelle existence de missionnaires de Dieu, de porteurs d’espérance.

Bien entendu, les ricaneurs et les impies ne manqueront pas de douter du pouvoir de transcendance que l’on trouve dans la Parole du Christ. Et bien, qu’ils sachent simplement que Jésus a donné son sang pour nous tous (y compris eux-mêmes !) et que la foi en lui donne cette force extraordinaire qui souvent leur manque. Comme signe ultime de foi, qu’ils se souviennent également des quelques mots griffonnés à la hâte par une victime du régime nazi sur le mur bouclant le ghetto de Varsovie:

Je crois au soleil, même s’il ne brille pas

Je crois en l’amour, même si je ne le sens pas

Je crois en Dieu, même si je ne le vois pas.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (2, 1-11)

Il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples.
Or, on manqua de vin ; la mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »
Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
Sa mère dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira. »
Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs ; chacune contenait environ cent litres.
Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau les cuves. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.
Le maître du repas goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l’eau.
Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.