21ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Chair et esprit

(21ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Jean 6, 60-69)

————————————————————
IMG_21eme dimanche_TO_B chair et esprit« C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. » Cette citation des paroles de Jésus par Jean (6, 63) alimente bien des débats autour du rôle et du devenir de l’homme sur cette planète.

C’est une antinomie d’importance qui renvoie deux mondes dos à dos : les matérialistes qui se cramponnent aux choses et à tout ce que peut accomplir « la chair », d’une part, et les sages qui s’attachent au sens profond des signes du temps, aux choses de « l’esprit », d’autre part. En employant d’autres mots, c’est aussi l’opposition entre « apparence » et « substance », certains passant leur vie à construire une société faite d’artifices de tous ordres, les autres s’attachant aux richesses qui sont en nous et que le Christ nous demande de développer.

A n’en pas douter, l’esprit fait vivre, car en regardant la misère intérieure qui transpire du regard des partisans de « la chair » on assiste à un spectacle proprement affligeant. Oui, ils s’amusent avec tous ces joujoux qu’ils acquièrent à grand frais : ils se « distraient », comme ils le disent… En fait, ils font tout pour ne pas voir la vérité en face. Comme une cloche fêlée, leur existence sonne faux. Ils ne s’enrichissent pas, ils bradent leur vie.

Ceux qui s’enrichissent sont ceux qui pensent avant tout à leur intérieur, à ce qu’ils sont vraiment. N’entend-t-on pas souvent dire à la sortie d’un spectacle, d’une conférence ou d’une exposition : « Ah, que c’est enrichissant ! » Pour nous qui accordons le plus d’importance à la substance des choses, les paroles que le Christ nous a transmises et l’Esprit qu’il nous a confié sont les éléments fondamentaux de notre foi et les lignes-guides de notre existence. En façonnant nos âmes, son Esprit nous fait réellement vivre.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 60-69)

60i  Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! »
61  Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ?
62  Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?…
63  C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64  Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait.
65  Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
66  A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui.
67  Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »
68  Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69  Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »

7ème dimanche de Pâques – Année B

Prière pour les disciples

(7ème dimanche de Pâques, année B, Jean 17, 11-19)

IMG_7eme-paques-B-priere-pour-disciplesJésus prie pour ses disciples. Il invoque son Père. Il prononce ces mots la veille de sa Passion, le Jeudi-Saint au soir, après la Cène.

Pour les non-croyants, cette prière est plutôt inintelligible. Par exemple, Jésus semble se contredire lorsqu’il dit de ses disciples qu’ils « ne sont pas du monde », puis qu’il demande à son Père de ne pas les retirer du monde… Pour certains, cela ressemble même à du charabia !

Mais en relisant cette prière avec un œil de croyant, il apparait clairement que Jésus s’adresse au Père en songeant à tous ceux qui resteront ici-bas une fois qu’il aura quitté cette terre. Cette prière concerne bien sûr les disciples du Christ, mais aussi nous-mêmes, nous qui avons  gardé fidèlement  la parole du Seigneur. Jésus intercède auprès du Père pour que nous, ses disciples de maintenant, puissions continuer à le glorifier et à propager son enseignement.

Quant à être « consacrés par la vérité », souvenons-nous de la tradition des Hébreux. Cela signifiait simplement être mis de côté dans un but précis, comme par exemple pour accomplir la mission de Dieu. Et c’est bien là qu’est notre mission précise : travailler pour la justice, la paix, l’amour entre les gens et entre les peuples. Les forces qui s’opposent à nous sont « de ce monde » comme le dit Jésus : ce sont ces forces là qu’il nous faut combattre pour porter la Parole du Christ.

Mais notre mission ne s’arrête pas là. Nous qui croyons au Christ, nous qui sommes des baptisés, nous avons ce devoir d’agir « dans le monde. » A quelque niveau que ce soit, même humblement, dans notre environnement immédiat. Alors, plus tard, lorsque l’heure sera venue, en nous tournant vers le Seigneur nous pourrons dire sereinement, comme Jésus : « Maintenant je viens à toi. »

Bernard

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 17, 11-19)

 

11  À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
12  Quand j’étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
13  Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, en ce monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
14  Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde.
15  Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais.
16  Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
17  Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité.
18  De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
19  Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité.

14ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Le joug du Christ

(14ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 11, 25-30)

IMG_14eme_TO_A_joug du christNous portons tous un joug, mais lequel ?

Pour certains, c’est celui d’une vie faite de stress où la spirale infernale « travail-argent-course aux biens matériels » ne s’arrête plus. Pour d’autres, heureusement, c’est celui du Christ, celui des humbles, des « tout-petits », des « oubliés de la vie » comme les appelait Jean-Paul II. Ceux-là portent sans difficulté le joug du Christ, car il leur apporte la paix et finalement le repos.

Les humbles suivent le chemin de Jésus. Mais, contrairement à ce que nombre d’entre nous pensent, rien n’est moins simple que l’humilité, car notre société et notre entourage nous poussent sans cesse à l’attitude inverse. Pour être humbles, soyons simplement nous-mêmes, sans fard, sans masque et sans détour.

Portons le joug de Jésus fait de douceur, d’humilité, d’amour et proclamons  « Eucharisteo ! » en communiant au corps et au sang du Christ, en remerciement pour tout ce qu’il nous apporte. Lors de chaque messe, acceptons le joug du Christ. C’est un joug d’amour qui nous transforme et nous apporte la paix.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 25-30)
25  En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
26  Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté.
27  Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
28  «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
29  Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
30  Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Sainte Trinité – Année B

Jeu de miroirs

(Sainte Trinité, année B, Matthieu 28, 16-20)

IMG_ste-trinite-B-jeu-de-miroirsEn voyant Jésus, « Certains eurent des doutes » nous dit Matthieu aujourd’hui. Mais des doutes sur quoi ? Il n’y a pas de réponse.

Je pense qu’ils eurent des doutes sur cet homme qui leur révélait tant de choses, trop de choses même, à tel point que leurs esprits se brouillaient. Il leur parlait du Père, du Fils et du Saint Esprit. Mais que voulait-il donc dire ? Plus il parlait, plus le mystère s’épaississait!

Et nous, comment appréhender cette notion de Trinité ? Comment mettre ensemble les pièces d’une sorte de puzzle composé du Créateur (le Père), du Sauveur (le Fils) et de la Nourriture spirituelle (le Saint-Esprit) ? En fait, il s’agit d’un faux problème : tout dépend de la façon dont nous regardons les choses. C’est comme un jeu de miroirs.

Dieu est Père, créateur. Au-delà de ce que nous voyons, de l’évolution de certaines espèces, de toutes les recherches que les biologistes ou les physiciens peuvent faire sur le génome, le bigbang, les exo planètes et autres, il y a un dessein, un but, une réalité invisible qui dépasse de loin la somme de tous les éléments que la science et nous-mêmes découvrons tous les jours. Ce dessein, c’est Dieu.

Dieu est Fils, sauveur. Jésus de Nazareth a vécu en Galilée les trente premières années de sa vie où il ne s’est pas passé grand chose. Et puis, se fut la révélation lors de sa rencontre avec Jean le Baptiste sur les bords du Jourdain. Dieu s’est fait chair en Jésus qui n’a ensuite cessé de professer cette philosophie inspirée de Dieu, faite d’amour et d’humanisme si profond que ses contemporains ont de suite vu en lui le sauveur.

Dieu est Saint-Esprit, nourriture spirituelle. C’est ce que nous a laissé le Christ après avoir quitté cette terre. Ce Saint Esprit nous anime comme il a animé les disciples à la Pentecôte. Il nous donne la force de mettre en pratique la philosophie du Christ.

Au-delà de la Sainte-Trinité, ces trois facettes de Dieu que l’on aperçoit comme dans ce jeu de miroirs, Dieu est un et reste un. Mais Dieu demeure cependant un mystère pour le plus grand nombre d’entre nous. Regardons tout cela avec la plus grande humilité sans prétendre « tout savoir » ou vouloir tout expliquer ! Gardons à l’esprit que certaines questions n’ont pas forcément de réponse.

Bernard

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 28, 16-20)

16  Au temps de Pâques, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
17  Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
18  Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
19  Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;
20  et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »