1er dimanche de Carême – Année B

Le baptême, le désert et la conversion

(1er dimanche de Carême, année B, Marc 1, 12-15)

IMG_desertLe périple que suit Jésus après son baptême est un peu comme notre existence sur cette terre. Nous sommes baptisés, puis plongés dans la vie avec tous ses désordres et les déserts que souvent nous traversons et puis, pour les plus heureux d’entre nous, vient la conversion.

Notre baptême, lorsqu’il est reçu très tôt, est souvent comme une graine qui ne germe pas. En fait, c’est une étape assez brève dont nous ne percevons souvent pas très bien le sens si autour de nous nos parents ou nos proches n’apportent pas le terreau nécessaire à l’épanouissement de notre foi. Malgré tout, quand nous sommes face à nous-mêmes, nous sentons bien que le baptême ouvre en nous le grand questionnement du sens de notre existence. Mais les choses peuvent parfois simplement en rester là.

Puis vient l’âge adulte, et alors les affaires se compliquent passablement. Nous passons par toutes sortes d’étapes faites d’Amour, bien sûr, mais parfois aussi de rencontres avec le Mal, des rencontres faites de désordres, de plaies à l’âme et de tout ce qu’il y a de moche sur cette planète. Ce sont les déserts que nous devons affronter.

Notre vie sur la terre oscille entre la tentation du Mal et l’appel du Christ à la conversion. Nous livrons un combat quasi permanent au fond de nous même, comme Jésus l’a vécu dans le désert. Notre conversion n’est d’ailleurs pas une chose acquise. Elle est remise en question chaque fois que nous laissons le Malin s’introduire dans les failles de nos faiblesses pour nous faire chanceler !

Finalement, au terme de cette longue route, lorsque notre foi s’affermit, notre conversion prend tout son sens : nous nous mettrons avec bonheur à l’écoute de la Parole de Dieu transmise à travers Jésus. C’est là qu’est le vrai chemin.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 1, 12-15)

12i  Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert.
13  Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
14  Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait :
15  « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

26ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Convertissez-vous !

(26ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 21, 28-32)

IMG_convertisez_vousVoila un portrait typique de la société que nous donne Jésus aujourd’hui : les beaux parleurs d’un côté et ceux qui agissent de l’autre…

Travailler à la vigne du Seigneur, c’est-à-dire à la marche de son Église, ne demande pas que des promesses de notre part, mais du concret et des actes. En général, ceux qui parlent haut et promettent ceci ou cela sont rarement ceux qui retroussent leurs manches et qui agissent.

Les bonnes résolutions prises rapidement et qui passent aux oubliettes, voila qui nous est familier, autour de nous, mais aussi pour nous-mêmes. Alors qu’une mûre réflexion qui nous conduit à réorienter nos choix et à les mettre en œuvre porte plus de fruits. C’est ce que nous demande le Christ : se convertir et agir pour son Église.

Eh oui ! Sans nul doute, « les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu » car même s’ils ont dit « non » au départ comme le premier fils de l’Évangile de ce jour, ils se sont ensuite convertis : ils ont laissé de côté l’argent qui les avilissait et ils ont accueilli la parole de Dieu. Eux, les pécheurs que l’on montrait du doigt, ont crû et ont porté cette Parole autour d’eux : ils ont travaillé à la vigne pour en cueillir les grappes et en remplir de pleins paniers.

Convertissez-vous et agissez ! Il n’est jamais trop tard pour aller à la vigne du Seigneur.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 28-32)

28i  Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’
29  Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
30  Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas.
31  Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».
Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
32  Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.

 

4ème dimanche de Carême – Année A

Voir ? C’est se convertir !

(4ème dimanche de Carême, année A, Jean 9, 1-41)

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(Traduction en polonais)

IMG_aveugleAu 4ème siècle, Saint Ambroise disait au sujet de ce passage de l’Évangile :

« La seule raison pour laquelle Jésus mélangea de la terre à de la salive pour l’appliquer sur les yeux de l’aveugle, c’est pour nous rappeler que Celui qui guérit l’infirme en lui enduisant les yeux avec de la terre est Celui-là même qui a façonné le premier homme et la première femme avec de la terre. Cette terre qui est notre chair peut recevoir la vie éternelle par le sacrement du baptême. »

« Vous aussi, allez à Siloé, c’est-à-dire allez à celui qui vous a été envoyé par le Père. Allez et soyez baptisés. Il est temps. Allez vite, et vous aussi pourrez dire: j’étais aveugle et maintenant je vois. »

En effet, le récit de l’aveugle-né peut se comprendre comme un texte sur le Baptême… où, par l’intermédiaire de Jésus, Dieu vient guérir l’humanité. Cet aveugle-né est un homme brisé, ignoré, un laissé pour compte que les passants ne « voient » même plus. Et soudain, lorsqu’il recouvre la vision, les gens autour de lui ne le reconnaissent pas : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C’est bien moi. »

Oui, les gens ne reconnaissent pas le converti. Êtes-vous par exemple de ceux qui doivent sans cesse expliquer autour de vous pourquoi vous êtes un converti, pourquoi vous avez la foi ? Et puis, comme on vous rend parfois la vie difficile, en êtes-vous réduit à leur souffler : « Mais regarde ! Je te l’ai déjà dit ! Veux-tu que je le répète encore et encore ? » En êtes-vous arrivé à un tel point d’exaspération ?

Il n’y a pas plus aveugle que celui qui rejette l’appel de notre Seigneur, son appel à changer nos vies, son appel pour que nous apportions du réconfort à ceux autour de nous qui en ont vraiment besoin, qu’ils soient ou non pécheurs.

Chose assez étrange : ce n’est pas l’aveugle-né qui est le personnage central de ce passage, mais la cécité de ceux qui l’entourent, en particulier celle  des prêtres et autres pharisiens. C’est toute la différence entre ceux qui ne peuvent pas voir et ceux qui ne veulent pas voir.

Voir, c’est accepter le changement, c’est briser le statu quo, chose pas facile dans un monde fait de confort « rassurant ». Voir : c’est finalement se convertir !

Nous sommes tous des aveugles-nés pour que la grâce de Dieu descende dans nos vies et nous guérisse du péché.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 9, 1-41)

01i  En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance.
02  Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »
03  Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui.
04  Il nous faut réaliser l’action de celui qui m’a envoyé, pendant qu’il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir.
05  Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
06  Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle,
07  et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé). L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
08  Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
09  Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C’est bien moi. »
10  Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-il ouverts ? »
11  Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il m’en a frotté les yeux et il m’a dit : ‘Va te laver à la piscine de Siloé.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. »
12  Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »
13  On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle.
14  Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.
15  A leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. »
16  Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.
17  Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. »
18  Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents
19  et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’il voie maintenant ? »
20  Les parents répondirent : « Nous savons que c’est bien notre fils, et qu’il est né aveugle.
21  Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »
22  Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie.
23  Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »
24  Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
25  Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et maintenant je vois. »
26  Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »
27  Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? »
28  Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.
29  Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
30  L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux.
31  Comme chacun sait, Dieu n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.
32  Jamais encore on n’avait entendu dire qu’un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
33  Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
34  Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.
35  Jésus apprit qu’ils l’avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
36  Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
37  Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »
38  Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
39  Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
40  Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? »
41  Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’ votre péché demeure.