14ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Ces loups qui croquent les agneaux

(14ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 10, 1-12. 17-20)

(Texte en polonais, traduction de Joanna S.)

Christ agneau de DieuLes disciples de Jésus sont-ils vraiment comme des agneaux au milieu des loups ? En est-il de même pour nous, les ouvriers du Christ, qui essayons de faire résonner sa parole autour de nous ? En fait, et en termes très simples, sommes nous les « bons » et les autres les « méchants » ? Cette description est pour le moins simpliste et si l’on veut opposer un groupe à un autre, nous devrions plutôt parler des « gentils idéalistes » et des « réalistes cyniques » !

La phrase que Jésus prononce face aux soixante douze qu’il désigne pour être envoyés dans les villes et les villages porter la paix, faire le bien et annoncer la venue du Royaume est avant tout là pour frapper les esprits. Par là, il veut prévenir ses envoyés qu’en dépit des apparences la tâche ne sera pas facile et qu’il leur faudra accepter les revers et parfois même les mauvais traitements.

C’est cette même tâche que nous confie le Christ. Il fait de nous les porteurs des idéaux qu’il nous a transmis, mais il nous demande aussi de montrer de la patience, de prendre le temps, d’expliquer encore et encore sa Parole, et de la persévérer dans un environnement parfois sans pitié qui fonctionne sous l’égide des puissants, ceux-là mêmes qui façonnent le monde à leur façon.

Que ce soit au temps du Christ ou de nos jours, notre monde semble bien fonctionner tant que les agneaux restent dociles … et les loups peuvent alors croquer les agneaux à leur guise. Mais où rien ne va plus, c’est justement quand le Christ veut changer ce fameux « système » et lorsqu’en nous envoyant prêcher la paix, l’amour et le partage il fait de nous des rebelles et des empêcheurs de tourner en rond. La chose n’était pas très bien prisée du temps du Christ et il en est de même de nos jours, bien que nous nous trouvions parfois dans des situations en demi-teinte où, à défaut du cœur, la raison prend le pas sur la force. En fait, une sorte de « compromis » qui débouche finalement sur une philosophie altermondialiste comme le décrit Pascal Cauquais*.

Nous, envoyés du Christ, ne craignons pas ! Allons au devant des loups de notre temps pour leur faire comprendre que le monde du « chacun pour soi », de la brutalité et du matérialisme sans limite n’a pas d’avenir. Car, au-delà de la raison, le cœur seul permet de réaliser de belles choses. Il apporte la paix et surtout il honore notre condition d’enfants de Dieu.

Bernard Vollerin

*Pascal Cauquais, Professeur de philosophie : « Petite philosophie pour le loup et l’agneau », Éditions Milan, 2004

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 10, 1-12. 17-20)

01 Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. 02 Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

03 Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

04 N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.

05 Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’

06 S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.

07 Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

08 Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira.

09 Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : ‘Le règne de Dieu est tout proche de vous.’

10 Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites :

11 ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.’

12 Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville.

17 Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »

18 Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair.

19 Vous, je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal.

20 Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

 


 

Sainte Famille – Année C

La fugue

(La Sainte Famille, année C, Luc 2, 41-52)
La FugueJésus fait une fugue qui dure en tout cinq jours. Ce gamin de douze ans fausse compagnie à ses parents, se faufile dans le dédale des ruelles de Jérusalem où il se perd, avant d’être retrouvé au Temple.

Mais qui est finalement cet enfant, apparemment à la tête un peu dure, qui a réussi à les mystifier ainsi ? C’est avant tout un enfant qui traverse « l’âge ingrat ». Vous connaissez très certainement des enfants de cet âge qui, en fait, ce ne sont plus vraiment des enfants, mais sont encore loin de l’âge adulte.

Ce qui surprend dans ce passage de Luc c’est que les parents semblent avoir la mémoire un peu courte… Ils ne se souviennent apparemment plus des circonstances extrêmement troublantes de la naissance de Jésus. Oubliée l’annonce de l’ange à Marie et la rencontre avec Elisabeth ! Oublié tout ce qui s’est passé à la naissance de cet enfant.

Il faut cependant les comprendre, eux qui ont pour fils ce que les juifs appellent un “mamzer”, c’est-à-dire un enfant illégitime au vu des circonstances bien particulières qui ont entouré sa naissance. En dépit de cela, ils le recherchent, comme n’importe quels parents recherchent dans l’angoisse leur petit qui a disparu.

A la lecture de ce texte, une foule de questions viennent à l’esprit : qu’est-ce qui a poussé le jeune Jésus à fuguer ? Et il n’est quand même pas resté cinq jours consécutifs dans le Temple ! Quelqu’un a bien dû prendre soin de lui pendant tout ce temps. Où commence la dimension divine et où s’arrête la dimension humaine  de Jésus ou bien les deux restent-elles intimement liées?

Ces questions sont malheureusement sans réponses. Sachant ce qu’il adviendra de Jésus au cours des trois dernières années de son passage sur notre planète Terre, nous devons simplement et humblement faire acte de foi en cet Homme-Dieu, envoyé de Dieu, et qui a bouleversé le monde. La grâce qu’il nous a transmise par sa Parole est de portée infinie. Elle transcende le temps et notre condition humaine. Elle nous donne aussi envie de fuguer à notre tour… pour nous approcher encore plus de Dieu et atteindre une béatitude éternelle.

Bernard  Vollerin

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 41-52)

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume.
Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent.
Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être. »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

29ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Les maîtres… et les autres

(29ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 10, 35-45)

 

IMG_29_TO_B_les_maitres_et_les_autresNous y voila ! Jésus met tout sur la table : il renvoie les vaniteux qui veulent s’assoir autour de lui pour en tirer secrètement profit, il dénonce les « chefs des nations païennes » qui commandent en maîtres, et il termine en nous demandant de « servir » et non pas de chercher à être servis, ce qui est le message essentiel qu’il répétera tout au long de son ministère.

Est-ce un texte qui annonce l’avènement de nos démocraties quand Jésus dit : « Parmi vous… celui qui veut devenir grand sera votre serviteur » ? Car c’est bien ce qui se passe (ou devrait de passer) de nos jours : le pouvoir revient, en théorie, aux élus qui se mettent « au service de la population et de l’Etat » et non pas aux « maîtres » qui tirent leur pouvoir de l’argent ou de la domination militaire.

Oui, en théorie seulement, car les craintes exprimées par Jésus de voir des chefs de tout poil commander en maîtres sont devenues réelles. Il n’y a qu’à regarder autour de nous ! C’est le règne des Maîtres « modernes » : les pays qui imposent leur loi hors de leurs frontières, les maîtres du marketing qui nous abrutissent avec leur matraquage médiatique, les financiers qui ne servent que l’argent et non pas le bien de la société, ou encore ces Maîtres que sont les grandes chaînes de magasins qui restreignent notre choix en éliminant les commerces de proximité.

A ce sujet, je vous encourage vivement à lire « Les Géants » de J.M.G Le Clézio*. Ce livre va vous secouer ! Il sonne le réveil d’un monde qui a volontairement été mis en léthargie par les Maîtres d’aujourd’hui. Vous y découvrirez un petit garçon, Bogo le Muet, dans Hyperpolis (un Super-Hyper marché), aux prises avec les Maîtres qui contrôlent tout, même les pensées.  Pour citer Le Clézio : « La lumière des Maîtres a recouvert la peau des femmes, la mer, le ciel, … il ne reste plus rien. La lumière des Maîtres serre ses mâchoires sur les nuques, et l’étau de ses dents ne s’ouvre plus. » De quoi frémir …

Gardons donc notre libre-arbitre, soyons des hommes debout face à ceux qui pensent être les Maîtres de nos existences et restons au service de ceux qui sont autour de nous. Faire œuvre de charité, c’est ce que nous demande le Christ.

Bernard  Vollerin

* « Les Géants » de J.M.G. Le Clézio, Editions Gallimard, 1973

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 35-45)

35  Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
36  Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
37  Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
38  Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
39  Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
40  Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
41  Les dix autres avaient entendu, et ils s’indignaient contre Jacques et Jean.
42  Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
43  Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
44  Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous :
45  car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

21ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Pour vous, qui suis-je ?

(21ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 16, 13-20)

IMG_tu_es_le_messieQuel défi ! Si Jésus ne veut finalement pas trop savoir ce que les gens pensent de lui, c’est qu’il s’intéresse avant tout à ce que ressentent ses disciples. Par sa question, il leur demande simplement d’annoncer tout haut leur foi en lui. Pierre n’hésite pas une seconde et prononce ce beau témoignage de confiance en Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

Et pour nous, qu’en est-il ? Comment répondons-nous à cette même question ? L’Esprit Saint nous habite-t-il comme il habitait Pierre à qui le messie a remis les clés de son Eglise naissante ?

Pour certains les choses sont limpides, mais pour d’autres le chemin est plus long. Surtout de nos jours où le message du Christ nous parvient parfois bien affaibli au milieu de tout un brouhaha médiatique. Quel tintamarre ! On nous abreuve de tout, sauf de l’essentiel, et nous ne prenons plus le temps de poser un regard silencieux sur notre propre vie.

Oui, le chemin est peut-être long, mais avec l’énergie et la ferveur que nous transmet l’Esprit Saint, nous progressons chaque jour dans notre foi pour pouvoir dire à la suite de Pierre : « Oui, le fils de Marie est bien le Messie que nous a envoyé le Seigneur.» Soyons donc les relais du Christ sur la terre en étant ses missionnaires et proclamons sa parole d’Amour à toutes les nations.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 16, 13-20)

13  Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? »

14  Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »

15  Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

16  Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

17  Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.

18  Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.

19  Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

20  Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Messie.

3ème dimanche de Pâques – Année A

Reconnaître Jésus

(3ème dimanche de Pâques, Année A, Luc 24, 13-35)

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(Traduction en polonais)

IMG_chemin_d_emmausDeux hommes marchent sur une route peu fréquentée. Ils rentrent chez eux et ils voudraient que cette route soit déserte pour être en paix. Car leurs esprits sont troublés : la tristesse et le découragement se mêlent au doute. Jésus, leur maître, est mort par la faute des chefs des prêtres et des dirigeants, mais on le dit « ressuscité », chose qu’ils ne comprennent pas.

Ils ne reconnaissent pas tout de suite Jésus qui les rejoint sur cette route. Jésus écoute d’abord avant de parler. Il veut connaître les attentes de ses disciples, il veut savoir d’eux ce qu’ils espèrent. Puis il leur parle, il leur donne un magistral résumé des Écritures et leur explique pourquoi tout cela devait arriver.

Le décor est planté. Car c’est ce qui se passe ensuite qui est le plus important.

En effet, le tournant de cette rencontre se situe au moment précis où « Jésus fit semblant d’aller plus loin », les deux hommes s’efforçant de le retenir en disant « Reste avec nous. » Car Jésus ne s’impose pas, comme d’ailleurs Dieu ne s’impose pas. Jésus fait mine de poursuivre son chemin pour voir s’il sera invité à se rapprocher de ses disciples, à pénétrer non seulement leur maison mais aussi leur cœur.

Nous cheminons tous sur des routes souvent encombrées et tortueuses. Certains diront que la route d’Emmaüs est un peu celle que nous empruntons lorsque, comme les disciples, nous sommes découragés, anxieux, voire déprimés. C’est sur cette route que nous rencontrons le Christ, peut-être sans le reconnaître de suite. Il nous appartient de lui dire « Reste avec nous. »

La route d’Emmaüs c’est le parcours de nos épreuves. Le Christ vient marcher à nos côtés et nous écoutons sa Parole. Il ne nous reste plus qu’à l’inviter à entrer au fond de nous-mêmes pour que sa Parole soit nôtre.

Reconnaître Jésus dans notre vie de tous les jours, c’est aussi rencontrer ces « inconnus » autour de nous, partager quelques paroles, un moment de contact, puis plus : partager nos joies, nos peines, nos attentes, un morceau de pain ensemble. La route d’Emmaüs est une route d’ouverture, une route de partage.

Le Christ se manifestera à ceux qui accueillent, écoutent et partagent. A ceux qui communient avec autrui. En ouvrant nos cœurs nous aurons une chance de rencontrer le Christ ressuscité. Si nous ne l’invitons pas chez nous, à notre table, dans notre cœur, il ne se révélera jamais. Accueillons-le pour qu’il nous parle et qu’il nous transmette sa Grâce.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 24, 13-35)

13i  Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,

14  et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé.

15  Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.

16  Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.
17  Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
18  L’un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. »
19  Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
20  Les chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
21  Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
22  A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure,
23  et elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu’elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
24  Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
25  Il leur dit alors : « Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !
26  Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
27  Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
28  Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
29  Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
30  Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
31  Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
32  Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? »
33  A l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
34  « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
35  A leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

4ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Béatitudes : un message d’espoir

(4ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 5, 1-12a)
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IMG_beatitude_dieu« Soyez pauvres de cœur, doux, avides de justice, miséricordieux, purs, artisans de paix et supportez les persécutions et les insultes ». Voici en quelques mots ce que nous dit Jésus aujourd’hui. Quel programme ! Mais, par une lecture plus serrée de ce texte, on se rend compte que son message est aussi tourné vers l’espoir car il nous dit « Heureux ceux qui… », par opposition aux malédictions que les prophètes annonçaient autrefois avec leur fameuse formule « Malheur à ceux qui… »

Jésus nous parle aujourd’hui de manière très concrète, sans parabole, et son langage est fait pour toucher directement tous ceux qui se sentent persécutés, insultés, maltraités ou abandonnés. C’est également un réconfort pour nous tous qui avons un profond besoin de justice et d’amour.

Avec ce texte, nous dépassons ce qui appartient au moment présent. Nous nous projetons dans une sorte d’état de grâce ultime qui devrait tous nous habiter. C’est un bonheur que d’y parvenir, un bonheur où notre âme se retrouve libre, élevée, inaccessible à la crainte comme au désir, loin de tout avilissement. Être en état de grâce, c’est être déjà dans l’antichambre de cette béatitude dont Jésus nous dessine si bien les contours.

Mais d’où peut bien nous venir cet état de béatitude ? Et bien tout simplement, comme le dit Jésus, de la présence de Dieu, de notre vie près de lui et avec lui. Cette béatitude nous apporte la joie profonde et la sérénité. Bienheureux ceux qui y accèdent ! C’est à elle que nous devons aspirer et non pas seulement et uniquement au bonheur sur cette terre. Cela va beaucoup plus loin et le chrétien, peut-être sans le savoir ou de manière un peu instinctive, recherche cette présence de Dieu : au-delà des persécutions et des insultes, cette présence le rend pur, fort et le transcende.

Oui, comme le Christ nous le dit, réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, car notre récompense sera grande dans les cieux.

Bernard Vollerin

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 1-12)

01  Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent.
02  Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
03   « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
04  Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
05  Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
06  Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
07  Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
08  Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
09  Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
10  Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
11  Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12  Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.