32ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Méfiez-vous des scribes !

(32ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 12, 38-44) — 

IMG_32_TO_B_scribes_et_pharisiensCette exclamation de Jésus n’est pas surprenante. Les scribes étaient, en quelque sorte, ceux qu’il condamnait le plus souvent pour leur morale et leur enseignement qui étaient l’antithèse même de son message.

A cette époque, les scribes étaient parmi les plus féroces opposants à Jésus, car ils étaient « la voix de la tradition » alors que Jésus venait avec un message nouveau qui dérangeait. Ils étaient instruits, d’un niveau social assez élevé, appartenant aux grandes familles de notables ou de commerçants. Ils constituaient une sorte de caste ou de « dynastie » à part, leur fonction s’exerçant souvent de père en fils. En quelque sorte tout le contraire de Jésus ! Certains d’entre eux devenaient prêtres, parfois de tendance saducéenne, mais le plus souvent pharisiens dans l’âme, mus par cette obsession du respect total de la Loi.

Jésus désapprouvait les scribes et les pharisiens. Pour lui, ils ne faisaient que multiplier les occasions de se donner bonne conscience, de paraitre « corrects », au lieu de faire œuvre de compassion ou d’amour à l’égard d’autrui.

Cela ne vous rappelle-t-il pas ce qui se passe sous nos yeux, de nos jours, avec tous ces « scribes modernes » qui nous entourent ? Ah oui ! Ils sont de la caste des notables. Bien sûr, ils respectent les lois, ceux qui se montrent en « robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques. »

Méfiez-vous donc des scribes d’aujourd’hui. Même si apparemment ils ne dévorent pas ou plus « les biens des veuves », leur attitude est méprisable. Ils se sont égarés, ils ont oublié le message du Christ et ils confondent trop facilement apparence et substance. Eloignons-nous d’eux et restons centrés sur la Parole de notre Seigneur faite d’amour, de charité et de pardon.

Bernard Vollerin

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (12, 38-44)

38 Dans son enseignement, il disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,

39 les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.

40 Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »

41 Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.

42 Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.

43 Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.

44 Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

31ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

L’Amour vaut mieux que tout

(31ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 12, 28b-34) — 

IMG_31eme_TO_B_amour_vaut_mieux_que_tout_2Aimer « vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices »… Voici un message nouveau, surtout pour l’époque, où Jésus place l’immatériel avant le matériel, l’Autre devant le Moi, et le don d’amour au-dessus de tout.

L’amour prime sur tout, nous dit le texte de ce jour et l’amour de Dieu, charité et compassion envers son prochain son inséparables. Ostad Elahi* disait d’ailleurs fort justement : « Un être humain digne de ce nom se reconnait à sa compassion, sa générosité et sa bienveillance ».

Les pharisiens de l’époque de Jésus, comme ceux de nos jours, une fois de plus, se sentent visés par les paroles du Christ qui leur claque le bec pour un moment ! En effet, à ses yeux, ces pharisiens s’enferment trop souvent dans leur obéissance aveugle à la lettre de la Loi, laissant de côté passion et désir d’apporter un peu d’amour à leur entourage. Les pharisiens d’aujourd’hui (et ils sont légion) nous feront remarquer que, vus de l’extérieur, les chrétiens apparaissent souvent comme trop imprégnés de ce sentiment de compassion, et que cela leur joue parfois des tours auprès de certains qui savent habilement en profiter ! « Bon et bête commencent par la même lettre » me répétait souvent ma grand-mère… « Peut-être » aurais-je dû lui répondre, mais cela ne change rien au fait que, à mon sens, c’est notre capacité d’aimer qui est le pivot de notre foi.

Seul Dieu tout-puissant peut développer chez chacun de nous ce don d’aimer qui se trouve enfoui au plus profond de notre être, un don d’amour si souvent combattu par notre égoïsme. Quel sentiment merveilleux que de sentir ce don d’amour grandir encore et encore, vers la perfection, au travers de l’Esprit Saint qui nous anime. « Ne cherchons pas à construire de grands temples à l’extérieur, mais créons des temples de bonté et de compassion à l’intérieur, dans nos cœurs » nous dit avec raison le Dalaï-lama**, car tout est en nous et vient de nous.

« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu » nous souffle Jésus au coin de l’oreille. Le point important sont ces deux petits mots : « pas loin ». Mais que faut-il donc faire pour y arriver vraiment ? Et bien, il faut sortir du carcan de la loi et foncer à cœur ouvert vers les autres.

Oui, vous n’êtes pas loin du Royaume ! Alors, foncez à cœur ouvert, car l’Amour vaut mieux que tout.

Bernard  Vollerin

* Ostad Elahi : magistrat, musicien et penseur moderne, 1895-1974, né à Jeyhunabad (Kurdistan iranien)

**Dalaï-Lama, Dominique Lablanche : Le Dalaï-lama parle de Jésus – une perspective bouddhiste sur les enseignements de Jésus, format poche, collection « J’ai lu »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (12, 28-34)

28b Un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »

29 Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.

30 Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.

31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

32 Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l’Unique et qu’il n’y en a pas d’autre que lui.

33 L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »

34 Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

 

28ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

« Nous avons tout quitté pour te suivre »

(28ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 10, 17-30)

 

IMG_28_TO_B_tout quitterC’est ce que Pierre déclare à Jésus après que celui-ci ait fustigé un homme riche au sujet de ses biens matériels. Devons-nous tout quitter, nous aussi, comme nous le demande Jésus ? Même ce qui nous est le plus précieux ? Même ce que nous avons mis des années à construire pour ne pas craindre de trop gros soucis matériels dans la vie ?

La pilule est un peu dure à avaler… Et à cette demande certains répondrons tout simplement « non ». Ils trouvent en effet légitime de pouvoir profiter des fruits de leur travail, de rester entourés de leurs proches et de ceux qu’ils aiment. En fait, ils ne sont pas prêts à « tout quitter pour te suivre » comme l’on pourrait (ou l’on devrait) l’entendre, par exemple, dans une déclaration d’amour entre une femme et un homme.

Car c’est bien d’amour absolu dont il s’agit. Au nom de cet amour, Jésus nous appelle. Notre réponse est souvent plutôt timorée et nous ne sommes prêts qu’à des accommodements faciles ou à des demi-solutions qui nous montrent les limites de notre condition humaine.

L’amour de l’argent et des richesses matérielles diabolise certainement quelques uns d’entre nous. Les autres, qui ont déjà fait le premier pas et qui ont cessé d’adorer tous les veaux d’or que la société déballe devant nous, ont commencé à suivre la parole de Jésus, même s’ils n’ont pas encore « tout quitté » comme il nous le demande. Mais ils sont sur le chemin de la rédemption. Ils ont engagé la réflexion nécessaire sur leur devenir et ils remettent en question sans hésiter la fameuse « échelle des valeurs » que notre société a artificiellement instaurée.

A la demande du Christ, continuons à nous défaire de toutes ces fausses richesses, allons vers les autres et faisons acte de charité qui, comme le dit Bossuet « bannit la crainte et opère un si grand miracle. »

Bernard  Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 17-30)

17  Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
18  Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
19  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
20  L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
21  Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
22  Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
23  Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
24  Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.
25  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
26  De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
27  Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
28  Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
29  Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,
30  sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.