4ème dimanche de Carême – Année C

Qui êtes-vous ?

(4ème dimanche de Carême, année C, Luc 15, 1-3. 11-32)

Parabole de l'enfant prodigueOui, en effet, c’est la question qui se pose à la lecture de cette parabole de l’enfant prodigue. Car nous sommes en présence trois personnages bien différents dans la peau desquels nous pourrions nous glisser facilement.

Êtes-vous ce fils prodigue qui s’en va chercher fortune au loin et dilapider sa vie ? Car nous avons tous un jour envie de « prendre l’air », de nous en aller par ras-le-bol de l’autorité du père ou du fait de conflit avec un frère ou une sœur trop butés. Comme le plus jeune des deux fils dont Jésus nous parle, nous nous sommes éloignés de nos familles et sommes partis tenter notre chance dans ce monde d’aujourd’hui. Nous y avons souvent gaspillé tout le potentiel que nous avions et toutes nos énergies. Nous avons aussi fait la fête sans penser au lendemain. Et puis, dépités, nous avons pris conscience que « ventre plein et cœur vide n’a qu’un temps ». Nous avons cru pouvoir trouver une liberté plus grande et nous n’avons trouvé que… l’esclavage.

Êtes-vous le fils ainé, fidèle, qui reste avec son père? Nous pensons parfois être comme ce fils ainé, sérieux, durs à la tâche, essayant de temps en temps de faire un peu de bien autour de nous. Certains nous jugerons un peu « rasoirs », pas très gais, corsetés dans nos idées, parfois le cœur un peu froid et souvent prompts à la critique pensant être dans le vrai. Le conformisme nous guette et notre intransigeance nous joue parfois des tours. Nous restons habités d’une âme tiède. Et puis nous sommes volontiers donneurs de leçons et jaloux de nos prérogatives comme ce fils ainé de l’évangile qui ne décolère pas lorsque son frère cadet revient, encensé et choyé comme lui ne l’a jamais été.

Êtes-vous peut-être ce père qui fait acte d’amour, réconcilie et célèbre le pardon des uns pour les autres? Finalement il est le personnage central de ce passage de l’évangile de Luc. Il atteint la plénitude, il fait preuve d’amour sans réserve et veut célébrer le retour de son fils qu’il croyait perdu, non pas par une simple fête de famille mais en rôtissant un veau entier pour tout le village ! C’est le banquet de l’honneur retrouvé et de la réconciliation.

Mais, en y réfléchissant un peu plus, seriez-vous aussi, car c’est souvent le cas, celui qui au cours de sa vie sera passé en fait par ces trois étapes ? A vous de le dire !

Finalement, quelque soit votre réponse, mettons nous à table ! Donnons un banquet qui soit ouvert à tous et qui rassemble dans un esprit de réconciliation nos frères, nos proches, et nos ennemis. Souvenons nous aussi que c’est le même banquet que le Seigneur dressera pour nous le moment venu, lui qui nous attend TOUS après notre passage sur cette planète Terre où nous aurons brûlé notre vie plus que de raison.

Bernard Vollerin

Evangile selon Saint Luc (15, 1-3. 11-32)

01 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.

02 Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »

03 Alors Jésus leur dit cette parabole :

11 « Un homme avait deux fils.

12 Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.

13 Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.

14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.

15 Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.

16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.

17 Alors il réfléchit : ‘Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !

18 Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.

19 Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’

20 Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.

21 Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’

22 Mais le père dit à ses domestiques : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.

23 Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.

24 Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.

25 Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.

26 Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.

27 Celui-ci répondit : ‘C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’

28 Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.

29 Mais il répliqua : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.

30 Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’

31 Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.

32 Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

28ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

« Nous avons tout quitté pour te suivre »

(28ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 10, 17-30)

 

IMG_28_TO_B_tout quitterC’est ce que Pierre déclare à Jésus après que celui-ci ait fustigé un homme riche au sujet de ses biens matériels. Devons-nous tout quitter, nous aussi, comme nous le demande Jésus ? Même ce qui nous est le plus précieux ? Même ce que nous avons mis des années à construire pour ne pas craindre de trop gros soucis matériels dans la vie ?

La pilule est un peu dure à avaler… Et à cette demande certains répondrons tout simplement « non ». Ils trouvent en effet légitime de pouvoir profiter des fruits de leur travail, de rester entourés de leurs proches et de ceux qu’ils aiment. En fait, ils ne sont pas prêts à « tout quitter pour te suivre » comme l’on pourrait (ou l’on devrait) l’entendre, par exemple, dans une déclaration d’amour entre une femme et un homme.

Car c’est bien d’amour absolu dont il s’agit. Au nom de cet amour, Jésus nous appelle. Notre réponse est souvent plutôt timorée et nous ne sommes prêts qu’à des accommodements faciles ou à des demi-solutions qui nous montrent les limites de notre condition humaine.

L’amour de l’argent et des richesses matérielles diabolise certainement quelques uns d’entre nous. Les autres, qui ont déjà fait le premier pas et qui ont cessé d’adorer tous les veaux d’or que la société déballe devant nous, ont commencé à suivre la parole de Jésus, même s’ils n’ont pas encore « tout quitté » comme il nous le demande. Mais ils sont sur le chemin de la rédemption. Ils ont engagé la réflexion nécessaire sur leur devenir et ils remettent en question sans hésiter la fameuse « échelle des valeurs » que notre société a artificiellement instaurée.

A la demande du Christ, continuons à nous défaire de toutes ces fausses richesses, allons vers les autres et faisons acte de charité qui, comme le dit Bossuet « bannit la crainte et opère un si grand miracle. »

Bernard  Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 17-30)

17  Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
18  Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
19  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
20  L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
21  Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
22  Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
23  Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
24  Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.
25  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
26  De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
27  Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
28  Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
29  Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,
30  sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

13ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Faites de la place pour Jésus !

(13ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 10, 37-42)

——————————————————————

IMG_13eme_TO_A_faites de la place pour jesusAvons-nous peur d’accueillir ? Ou bien, avons-nous peur de donner ? Savons-nous offrir l’hospitalité, faire un effort pour sortir de nos égoïsmes, reconnaitre aussi que nous restons toujours en attente de l’amour d’autrui ? Et avons-nous conscience que la famille des chrétiens est notre famille, plus large et plus riche que celle que nous a donnée nos parents ? Ce sont en fait les questions que nous pose Jésus aujourd’hui et je ne suis pas sûr que nous ayons les bonnes réponses à ces questions.

Est-il besoin de rappeler que sans le message de Jésus, sans spiritualité et sans Dieu, la vie n’a aucun sens et « celui qui veut garder sa vie pour soi la perdra » comme le dit Jésus. En effet, plus nous nous attachons aux récompenses matérielles comme le pouvoir, l’argent ou les distractions en tout genre qui défilent devant nos yeux, plus nous découvrons combien tout ceci est vide : nous devenons des moutons, de simples objets que l’on manipule au gré des modes et des tendances du moment. Nous ne vivons plus que dans la fugacité et le virtuel : notre énergie et notre vie s’en vont se perdre dans les nuages.

Il faut bien admettre que cette méconnaissance de la parole du Christ et cette absence de spiritualité se font une part de plus en plus belle dans notre société. Notre monde devient une ode permanente à l’hédonisme, un univers où l’on veut jouir de tout… et vite. C’est un peu ce qu’André Gide* mettait en avant évoquant la sensualité « tous azimuts », qui occupe tout l’espace qui nous entoure. Et les choses ne vont qu’en empirant !

Ne penser qu’à mettre la main égoïstement sur ces « nourritures terrestres » et oublier notre prochain n’est pas une fin en soi. Cessons donc de courir ainsi après tous ces leurres, ouvrons nos cœurs et faisons de la place pour Jésus ! Et comme il nous le demande, « donnons à boire aux plus petits », sans attendre de retour, mais simplement au nom d’un amour à partager.

Bernard Vollerin

* André Gide, Les nourritures terrestres, 1897, édité chez Gallimard en 1942.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 10, 37-42)

37 Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;

38 celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.

39 Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera.

40 Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.

41 Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste.

42 Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. »

8ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Arrêtez de courir !

(8ème dimanche du Temps Ordinaire, année A, Matthieu 6, 24-34)

——————————————————————————————————-

(Traduction en polonais)

IMG_courir_apres_argentVoila un grand bol d’air frais qui nous est servi avec cet évangile. Adieu les soucis ! Cessons de vous faire de la bile, fuyons les préoccupations matérielles de ce monde … et restons centrés sur l’essentiel, c’est-à-dire le Royaume de Dieu.

En nous demandant ceci, Jésus parle bien sûr d’argent et il nous demande de nous en détacher. Car pour ce fameux argent, on se bat aux quatre coins du monde pour en accumuler toujours plus et pour en jouir goulument. L’argent devient un tyran. Aujourd’hui, autour de nous, on ne compte plus les familles éclatées et les coups tordus que l’attrait de l’argent inspire. Nous nous croyons libérés par l’argent, mais ce n’est pas vrai : il nous transforme en esclaves et nous passons notre temps à courir sans cesse après lui sans jamais y arriver. Plus nous en avons, plus il aiguise nos appétits. C’est le cercle infernal…

Jésus nous demande également de nous détourner de tous ces biens matériels éphémères que la société de consommation agite devant nous comme des yoyos. Car à 2000 ans de distance, les choses n’ont malheureusement pas changé : on nous sollicite de toute part et le matraquage marketing paie. Nous sommes sonnés, comme ivres, et ne comprenons même plus après quoi nous courrons, car chaque désir satisfait en dévoile un nouveau… et la course continue.

Alors, comment faire abstraction de tout ça ?  Comment s’y prendre pour arrêter cette course et suivre Jésus dans la démarche qu’il nous propose ? Et sommes-nous sûrs que demain se souciera vraiment de lui-même ?

On ne peut pas simplement se contenter de tout jeter par-dessus bord. Jésus ne nous le demande d’ailleurs pas. Il veut seulement que nous modérions nos appétits en les limitant au strict nécessaire et que nous consacrions l’essentiel de notre vie à Dieu, c’est-à-dire à l’amour et au service de ceux qui nous entourent. En somme, il nous demande d’entrer en diaconie. Car la diaconie, c’est l’amour des uns pour les autres, c’est s’occuper des autres, des plus humbles, de ceux qui se sentent exclus, abandonnés ou qui sont dans la détresse physique ou morale. Et l’Église dans son ensemble doit être diaconale car elle doit servir la société au nom du Christ.

Arrêtons donc de courir… et faisons œuvre de diaconie. Sortons de cette attitude du « Moi d’abord, les autres après ! ». Jésus nous y invite et c’est réellement comme cela que nous pourrons partager nos joies et notre amour.

Bernard  Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 24-34)
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
24 « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent.

25 C’est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?

26 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?

27 D’ailleurs, qui d’entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ?

28 Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.

29 Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux.

30 Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?

31 Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’

32 Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

33 Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché.

34 Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.»

26ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Les ventres pleins

(26ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 16, 19-31)

———————————————————-

(Texte en polonais, traduction de Joanna Szubstarska)

IMG_ventre_pleinsQuand l’on parle des personnes dans le besoin, des laissés pour compte de la société, le contraste est frappant entre la compassion et la miséricorde des uns et l’égoïsme et à l’arrogance des autres. La parabole de Jésus décrit une scène de son époque, certes, mais l’on constate que rien n’a changé. Les pauvres sont souvent ignorés par les soi-disant « riches » au ventre plein, ces Maîtres qui broient la nuque des petits.

L’asservissement des uns à l’argent leur fait faire la sourde oreille à la misère des autres.  Ne devraient-ils pas se souvenir des mots de Matthieu : « Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. (Mt 7, 13-14) ?

Oui, il y a un gouffre entre ceux qui adorent l’argent, les apparences et aiment se remplir le ventre et ceux qui recherchent les vraies richesses, la substance des choses et apprécient à leur juste mesure ce qu’ils ont, en pensant à partager avec ceux qui n’ont rien ! Deux mondes s’entrechoquent et de temps à autre c’est le « big bang » : on s’étripe entre membres d’une même famille, on se bagarre avec son voisin ou bien on se fait la guerre, ce qui mène à la ruine et à la destruction.

En un mot, faites attention ! Si votre échelle de valeurs consiste à révérer ceux dont la richesse matérielle éclabousse le monde et à dénigrer ceux que vous appelez « les pauvres », alors, comme cet homme « riche » dont nous parle le Christ aujourd’hui, un jour vous devrez payer le prix fort.

Bernard Vollerin

—————————————————————-

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 16, 19-31)

19i  Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux.
20  Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies.
21  Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.
22  Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra.
23  Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui.
24  Alors il cria : ‘Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. —
25  Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c’est ton tour de souffrir.
26  De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.’
27  Le riche répliqua : ‘Eh bien ! Père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père.
28  J’ai cinq frères : qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !’
29  Abraham lui dit : ‘Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ¦
30  Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.’
31  Abraham répondit : ‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.’ »

25ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Servez-vous Dieu ou l’argent ?

(25ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 16, 1-13)

————————————————————

(Texte en polonais, traduction de Joanna Szubstarska)

IMG_dieu_et_argent2Encore une fois Jésus nous interpelle avec vigueur !

Dans l’évangile, le gérant est licencié pour abus de confiance, gaspillage, insouciance, etc…. Il servait son idole, l’argent, au lieu de se servir DE l’argent comme nous devons le faire pour servir Dieu, c’est-à-dire servir tous nos prochains.

Dans l’existence, il nous faut non seulement apprendre à compter, mais aussi apprendre ce qui compte !

Derrière les valeurs consensuelles de tolérance et de respect, se cachent parfois un refus d’évaluer les parts d’essentiel et d’accessoire, une difficulté à hiérarchiser ce qui est sacré et ce qui est relatif. Apprendre ce qui compte, c’est apprendre à être digne de confiance dans les combats du monde et de l’histoire. C’est apprendre à se situer quelque part en vérité dans le mystère du mal, de la souffrance, et de l’argent trompeur.

La bonne gestion des biens matériels n’est qu’un apprentissage. Il nous prépare au jour où nous trouverons notre vraie richesse dans les « biens éternels », c’est-à-dire dans la présence de Dieu.

Bernard Vollerin

————————————————————

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 16, 1-13)

01  Jésus disait encore à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu’il gaspillait ses biens.
02  Il le convoqua et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires.’
03  Le gérant pensa : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n’ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
04  Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m’accueillir.’
05  Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ? –
06  Cent barils d’huile.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.’
07  Puis il demanda à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ? – Cent sacs de blé.’ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris quatre-vingts.’
08  Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
09  Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
10  Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande.
11  Si vous n’avez pas été dignes de confiance avec l’Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ?
12  Et si vous n’avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ?
13  Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. »