16ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

 Jésus nous parle d’accueil

(16ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 10, 38-42)

(Texte en polonais, traduction de Joanna S.: Jezus mówi nam o przyjmowaniu)

IMG_Jésus nous parle d'accueilL’hospitalité commence par l’accueil. C’est également un point fort de la mission pastorale de l’Eglise, et donc de toute notre communauté chrétienne: savoir accueillir, au nom du Seigneur, ceux qui viennent et qui ont besoin d’être écoutés, aidés, accompagnés, éclairés.

L’évangile de ce dimanche vient heureusement nous redire la nécessité, pour bien accomplir notre mission, d’accueillir le Seigneur.

Sans le Seigneur, nous ne pouvons rien faire! Mais il est là, c’est lui qui nous rassemble en l’Eglise, et nous accueille à la Table de sa Parole, à la Table de son Pain. Il n’attend que notre disponibilité pour se donner, pour nous emplir de sa force, de son Esprit. Alors nous pourrons accueillir comme lui.

 Bernard Vollerin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 10, 38-42)

38  Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison.
39  Elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
40  Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. »
41  Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses.
42  Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »

 

 

 

 

 

15ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Un jour l’égoïsme disparaîtra (Le bon Samaritain)

(15ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 10, 25-37)

(Texte en polonais, traduction de Joanna S.: Pewnego dnia egoizm przepadnie)

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Les Samaritains venaient d’un coin abhorré des juifs et n’étaient pas aimés, car ils étaient considérés comme des impies. Si Jésus met en scène un tel personnage, c’est bien sûr pour montrer que même ceux de qui nous n’attendons à priori rien de bon peuvent nous surprendre agréablement par leur attitude de compassion et de générosité.

La parabole du bon Samaritain est dans toutes les mémoires, à tel point que certains l’utilisent même sur un mode ironique en disant de quelqu’un : « Tiens, regarde-le ! Il joue au bon Samaritain.» Mais cette parabole n’en reste pas moins très forte car elle nous questionne tous, encore plus de nos jours où la société vit comme un monde éclaté où règne l’égoïsme et le « chacun pour soi ». Qu’aurions-nous fait en voyant cet homme à moitié mort au bord de la route ? Aurions-nous comme le prêtre et le lévite fermé les yeux, trop occupés à nos petites affaires ou pour ne pas être mêlés à une histoire sordide ? Ou bien nous serions nous arrêtés pour lui prêter secours ?

Car la question est bien là : jusqu’où ira l’égoïsme des hommes, jusqu’où faudra-t-il aller pour que nous acceptions de lever une paupière et regarder bien en face la misère du monde ? A repasser à travers notre histoire, il nous faut bien admettre que le bilan n’est pas très positif ! Le « moi d’abord » a largement prévalu et continue d’en faire ainsi. Toute notre société est tendue vers un seul but : le succès personnel. Et puis « pourquoi m’attarderais-je à aider Pierre ou Paul alors que je paie des impôts pour financer les services sociaux ? » Tout cela n’est pas très encourageant…

Cet égoïsme que l’on croit à tort propre à notre temps est, en fait, dénoncé à différents endroits de la Bible, dans des passages tels que « Celui qui aime sa vie la perdra* » ou bien encore : « … Les faux chrétiens : ils s’empiffrent sans pudeur, ils ne se préoccupent que d’eux-mêmes : nuages sans eau emportés par le vent ; arbres de fin d’automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ; flots sauvages de la mer, crachant l’écume de leur propre honte ; astres errants, pour lesquels est réservée à jamais l’obscurité des ténèbres**. » Balzac l’appelait aussi « le poison de l’amitié » et Bouddha disait «  Le bonheur est né de l’altruisme et le malheur de l’égoïsme. »

Un jour, pourtant, cet égoïsme disparaitra. Dans le monde du Père que le Christ a dessiné à grands traits pour nous, nous ne nous occuperons plus de nos intérêts personnels et c’est un esprit d’amour et de service qui nous habitera. Nous serons tous au service des autres et nous serons nous-mêmes servis.

Bernard Vollerin

*Jean, Chapitre 12, verset 25

**Jude, Chapitre 1, verset 12b, 13

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 10, 25-37)

25 Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »

26 Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Que lis-tu ? »

27 L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »

28 Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »

29 Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »

30 Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort.

31 Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.

32 De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.

33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.

34 Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.

35 Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ‘Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’

36 Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »

37 Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »

14ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Ces loups qui croquent les agneaux

(14ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 10, 1-12. 17-20)

(Texte en polonais, traduction de Joanna S.)

Christ agneau de DieuLes disciples de Jésus sont-ils vraiment comme des agneaux au milieu des loups ? En est-il de même pour nous, les ouvriers du Christ, qui essayons de faire résonner sa parole autour de nous ? En fait, et en termes très simples, sommes nous les « bons » et les autres les « méchants » ? Cette description est pour le moins simpliste et si l’on veut opposer un groupe à un autre, nous devrions plutôt parler des « gentils idéalistes » et des « réalistes cyniques » !

La phrase que Jésus prononce face aux soixante douze qu’il désigne pour être envoyés dans les villes et les villages porter la paix, faire le bien et annoncer la venue du Royaume est avant tout là pour frapper les esprits. Par là, il veut prévenir ses envoyés qu’en dépit des apparences la tâche ne sera pas facile et qu’il leur faudra accepter les revers et parfois même les mauvais traitements.

C’est cette même tâche que nous confie le Christ. Il fait de nous les porteurs des idéaux qu’il nous a transmis, mais il nous demande aussi de montrer de la patience, de prendre le temps, d’expliquer encore et encore sa Parole, et de la persévérer dans un environnement parfois sans pitié qui fonctionne sous l’égide des puissants, ceux-là mêmes qui façonnent le monde à leur façon.

Que ce soit au temps du Christ ou de nos jours, notre monde semble bien fonctionner tant que les agneaux restent dociles … et les loups peuvent alors croquer les agneaux à leur guise. Mais où rien ne va plus, c’est justement quand le Christ veut changer ce fameux « système » et lorsqu’en nous envoyant prêcher la paix, l’amour et le partage il fait de nous des rebelles et des empêcheurs de tourner en rond. La chose n’était pas très bien prisée du temps du Christ et il en est de même de nos jours, bien que nous nous trouvions parfois dans des situations en demi-teinte où, à défaut du cœur, la raison prend le pas sur la force. En fait, une sorte de « compromis » qui débouche finalement sur une philosophie altermondialiste comme le décrit Pascal Cauquais*.

Nous, envoyés du Christ, ne craignons pas ! Allons au devant des loups de notre temps pour leur faire comprendre que le monde du « chacun pour soi », de la brutalité et du matérialisme sans limite n’a pas d’avenir. Car, au-delà de la raison, le cœur seul permet de réaliser de belles choses. Il apporte la paix et surtout il honore notre condition d’enfants de Dieu.

Bernard Vollerin

*Pascal Cauquais, Professeur de philosophie : « Petite philosophie pour le loup et l’agneau », Éditions Milan, 2004

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 10, 1-12. 17-20)

01 Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. 02 Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.

03 Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

04 N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.

05 Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’

06 S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.

07 Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

08 Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira.

09 Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : ‘Le règne de Dieu est tout proche de vous.’

10 Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites :

11 ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.’

12 Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville.

17 Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »

18 Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair.

19 Vous, je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal.

20 Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

 


 

13ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Celui qui tire la charrue

(13ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 9, 51-62)

(Texte en polonais, traduction de Joanna S.)

Jésus tire ma charrueLe laboureur empoigne le manche de la charrue, plante son soc dans le champ et voit le versoir mettre à jour une terre fertile où il pourra semer le grain. Nous  sommes, en fait, tous des laboureurs et Jésus nous appelle à le suivre. Il tire pour nous notre charrue. Tendu vers l’avant, il nous fait ouvrir la terre comme nous ouvrons le cœur des hommes pour qu’ils reçoivent sa parole.

Si Jésus nous demande de ne pas regarder derrière nous c’est pour que le sillon soit tracé bien droit. Notre mission demande de l’attention et il nous faut, comme lui, nous concentrer sur ce qui est devant nous, sur notre devenir, et non sur le passé. Et si par malchance nous trébuchons, il est là pour nous relever, car nous sommes un peu comme un coureur de haies qui ne doit pas relâcher son effort, même s’il renverse l’une des haies qu’il doit franchir.

Cet appel à le suivre, s’il est pour nous très fort, ne s’impose pas. Jésus nous laisse le libre choix tout en nous prévenant que le travail sera rude, que la terre ne se laisse pas labourer facilement et que nous serons loin du confort que peuvent nous donner un foyer, une famille ou des amis. Il nous demande en fait de définir nos priorités et de rejeter tous ces glinglins et ces fausses idoles qui encombrent nos vies. Habiter avec Jésus le chemin qui mène toujours plus loin, en fait, c’est vivre l’Évangile en étant à sa suite et pouvoir revêtir à notre tour le manteau du prophète.

Oui, le Christ nous laisse la liberté de choisir quelle vie nous voulons mener et si nous désirons le suivre ou non.

A mes yeux le choix est clair : je marcherai dans le sillon que j’aurai creusé avec son aide, en semant sa parole au fur et à mesure que j’avancerai en suivant ses pas. Comme cet homme de l’Évangile qui avoue avec ferveur « Je te suivrai partout où tu iras », à mon tour je suivrai le Christ en guidant la charrue qu’il m’a donnée et qu’il tire pour moi. Je pourrai alors admirer le reflet de son image sur ce versoir d’acier qui sans cesse plonge dans la terre pour ouvrir le cœur des hommes.

Bernard

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 9, 51-62)

51 Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.

52 Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.

53 Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.

54 Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »

55 Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.

56 Et ils partirent pour un autre village.

57 En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »

58 Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »

60 Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »

61 Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »

62 Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

12ème dimanche du Temps ordinaire – Année C

Pour vous, qui suis-je ?

(12ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 9, 18-24)

Jésus, 12ème dimanche du Temps Ordinaire, Année CQuel défi ! Si Jésus ne veut finalement pas trop savoir ce que les gens pensent de lui, c’est qu’il s’intéresse avant tout à ce que ressentent ses disciples. Par sa question, il leur demande simplement d’annoncer tout haut leur foi en lui. Pierre n’hésite pas une seconde et prononce ce beau témoignage de confiance en Jésus : « Tu es le Messie de Dieu.»

Et pour nous, qu’en est-il ? Comment répondons-nous à cette même question ? L’Esprit Saint nous habite-t-il comme il habitait Pierre à qui le messie a remis les clés de son Église naissante ?

Pour certains les choses sont limpides, mais pour d’autres le chemin est plus long. Surtout de nos jours où le message du Christ nous parvient parfois bien affaibli au milieu de tout un brouhaha médiatique. Quel tintamarre ! On nous abreuve de tout, sauf de l’essentiel, et nous ne prenons plus le temps de poser un regard silencieux sur notre propre vie.

Oui, le chemin est peut-être long, mais avec l’énergie et la ferveur que nous transmet l’Esprit Saint, nous progressons chaque jour dans notre foi pour pouvoir dire à la suite de Pierre : « Oui, le fils de Marie est bien le Messie que nous a envoyé le Seigneur.» Soyons donc les relais du Christ sur la terre en étant ses missionnaires et proclamons sa parole d’Amour à toutes les nations.

BV

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Luc 9, 18-24)

18 Un jour, Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »

19 Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »

20 Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »

21 Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne,

22 en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

23 Il disait aussi à la foule : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive.

24 Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

11ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Personne n’est parfait !

(11éme dimanche du Temps Ordinaire, année C, (Luc 7, 36-50; 8, 1-3)

11ème dimanche du Temps ordinaire, Année C - PharisiensVous souvenez-vous de ce grand classique du cinéma américain « Certains l’aiment chaud » de Billy Wilder ? Au-delà des cinq Oscars qu’il a obtenus en 1960, il reste célèbre par le dialogue qui prend place tout à la fin du film entre Daphnée, un homme déguisé en femme pour diverses raisons, et Osgood, un milliardaire avec son yacht de luxe qui veut à toute force épouser Daphnée. La fameuse Daphnée, en désespoir de cause et ayant tout essayé pour le persuader d’abandonner son projet, s’exclame : « Tu ne comprends pas, Osgood, je suis un homme ! » Et Osgood de répliquer tout en continuant à piloter son bateau : « Eh bien … personne n’est parfait !»

Les pharisiens de l’époque de Jésus, eux, se pensaient parfaits. Ils obéissaient à tous les préceptes de la Loi juive, se gardaient de toute impureté, avaient belle façon et étaient pétris de bonnes manières. Et Jésus qui avait le talent de pointer du doigt leurs imperfections et de révéler leurs faiblesses s’attirait bien souvent leurs foudres.

Par contre, la prostituée dont il est question dans l’Évangile d’aujourd’hui, elle, ne se fait aucune illusion : elle se sait dans le péché, elle connait ses erreurs et ses défauts, et c’est en pleurs qu’elle demande à Jésus de la sortir de l’ornière.

Nous sommes dans une situation triangulaire un peu bizarre avec Jésus placé face à deux personnes aux antipodes l’une de l’autre, l’une incarnant un soi-disant idéal et l’autre se trouvant accablée de toutes les turpitudes. Ce qui relie l’ensemble, c’est le message d’amour que Jésus propose. Un amour des uns pour les autres, d’où qu’ils viennent et aussi imparfaits soient-ils, un amour qui modifie notre perception des choses, un amour qui en fin de compte change notre vie.

Si la prostituée s’invite chez Simon le pharisien, c’est parce qu’elle sent intuitivement que sa rencontre avec le Christ peut effectivement changer sa vie : elle pense qu’elle sera traitée avec respect et compassion au lieu d’être trainée dans la boue. Si de son côté le pharisien accepte la présence de cette prostituée, c’est qu’il se croit au-dessus de tout ça. Ce qui ne l’empêche pas de recevoir une volée de bois vert et de prendre une bonne leçon de modestie et d’humilité lorsque Jésus lui fait comprendre qu’il n’a pas le monopole du cœur.

Ainsi donc, personne n’est parfait ! Pour changer, pour nous améliorer, suivons le chemin d’amour que nous trace Jésus. Ce chemin est éclairé par les étoiles de notre foi et elles illuminent nos âmes tout au long de ce parcours qui nous conduit à lui.

BV

Évangile de Jésus selon Saint Luc (7, 36-50 ; 8, 1-3)

Chapitre 7 :

36 Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.

37 Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.

38 Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.

39 En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

40 Jésus prit la parole : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »

41 Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.

42 Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? »

43 Simon répondit : « C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus.

44 Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.

45 Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.

46 Tu ne m’as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds.

47 Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »

48 Puis il s’adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »

49 Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »

50 Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

Chapitre 8 :

01 Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,

02 ainsi que des femmes qu’il avait délivrées d’esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons),

03 Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les aidaient de leurs ressources.