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« Nous avons tout quitté pour te suivre »

(28ème dimanche du Temps Ordinaire, année B, Marc 10, 17-30)

 

IMG_28_TO_B_tout quitterC’est ce que Pierre déclare à Jésus après que celui-ci ait fustigé un homme riche au sujet de ses biens matériels. Devons-nous tout quitter, nous aussi, comme nous le demande Jésus ? Même ce qui nous est le plus précieux ? Même ce que nous avons mis des années à construire pour ne pas craindre de trop gros soucis matériels dans la vie ?

La pilule est un peu dure à avaler… Et à cette demande certains répondrons tout simplement « non ». Ils trouvent en effet légitime de pouvoir profiter des fruits de leur travail, de rester entourés de leurs proches et de ceux qu’ils aiment. En fait, ils ne sont pas prêts à « tout quitter pour te suivre » comme l’on pourrait (ou l’on devrait) l’entendre, par exemple, dans une déclaration d’amour entre une femme et un homme.

Car c’est bien d’amour absolu dont il s’agit. Au nom de cet amour, Jésus nous appelle. Notre réponse est souvent plutôt timorée et nous ne sommes prêts qu’à des accommodements faciles ou à des demi-solutions qui nous montrent les limites de notre condition humaine.

L’amour de l’argent et des richesses matérielles diabolise certainement quelques uns d’entre nous. Les autres, qui ont déjà fait le premier pas et qui ont cessé d’adorer tous les veaux d’or que la société déballe devant nous, ont commencé à suivre la parole de Jésus, même s’ils n’ont pas encore « tout quitté » comme il nous le demande. Mais ils sont sur le chemin de la rédemption. Ils ont engagé la réflexion nécessaire sur leur devenir et ils remettent en question sans hésiter la fameuse « échelle des valeurs » que notre société a artificiellement instaurée.

A la demande du Christ, continuons à nous défaire de toutes ces fausses richesses, allons vers les autres et faisons acte de charité qui, comme le dit Bossuet « bannit la crainte et opère un si grand miracle. »

Bernard  Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 17-30)

17  Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
18  Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
19  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
20  L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
21  Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
22  Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
23  Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
24  Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.
25  Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
26  De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
27  Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
28  Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
29  Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,
30  sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.