1er dimanche de Carême – Année C

Tentations

(1er dimanche de Carême, année C, Luc 4, 1-13)

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IMG_1er_careme_C_tentation_christAu fil des ans, la période de Carême débute immanquablement par un évangile relatant les tentations de Jésus au désert. Aujourd’hui, les temps sont autres, mais nous sommes toujours aussi nombreux à nous culpabiliser juste du fait d’être sujet à ces fameuses tentations alors que nous sommes (ou pensons être) foncièrement honnêtes et droit dans notre tête.

Force est de constater qu’elles sont de plus en plus présentes dans notre vie et qu’elles font pression sur nous, notre société ne s’habillant bientôt plus que d’un simple tissu fait de toutes ces tentations…et de rien d’autre ! En vrac : désir d’acquérir plus de biens matériels, désir de dominer les autres, désir de paraitre, désir de posséder le corps de l’autre pour notre propre plaisir. Dans ce mélimélo, nous ne voyons plus très bien la distance qui sépare le mirage de la réalité.

Se sentir tenté devient souvent pour nous signe de faiblesse, une sorte d’antichambre du péché. Mais sommes-nous spirituellement ou moralement coupables si notre taux d’adrénaline monte ou si notre cœur se met à battre plus fort lorsque nous sommes sujets à toutes les tentations de ce monde ? Sommes-nous pécheurs lorsque nous ressentons des désirs que nous savons porteurs du péché ? Non ! Car la tentation est une chose qui fait partie de nos pulsions naturelles et de notre condition humaine. Une chose est rassurante : même Jésus, Dieu fait homme, a été soumis à la tentation !

Nous savons tous que de la tentation au péché il n’y a qu’un pas. Franchir ce pas, se laisser aller à nos tentations avouées ou non, fait de nous des pécheurs car nous perdons de vue l’essentiel : les enseignements du Christ. Par notre faute, nous nous condamnons, nous entrons dans la mort, celle du cœur, celle de l’Âme.

En cette période de début de Carême, nous avons besoin de nous isoler, d’aller au désert, de faire le vide autour de nous pour retrouver nos repères dans le Christ, de prendre conscience des tentations qui sont les nôtres et de nous tourner vers Dieu pour lui rendre grâce de nous avoir donné son fils venu nous sauver. C’est là toute la signification du Carême.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus selon Saint Luc (4, 1-13)

01 Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert

02 où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

03 Le démon lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »

04 Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre. »

05 Le démon l’emmena alors plus haut, et lui fit voir d’un seul regard tous les royaumes de la terre.

06 Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m’appartient et je le donne à qui je veux.

07 Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »

08 Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras. »

09 Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ;

10 car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l’ordre de te garder ;

11 et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

12 Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

13 Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

Vous avez dit « Carême »?

Carême

IMG_caremeLe Mercredi des Cendres nous entrons dans la période que les chrétiens appellent le Carême. Cette période dure jusqu’au Samedi Saint qui précède la fête de Pâques. Ceci correspond à 40 jours (plus les dimanches) qui nous rappellent les 40 jours de jeûne de Moïse avant qu’il ne reçoive les Tables de la Loi, ou encore les 40 jours passés au désert par le Christ après son baptême et avant qu’il ne commence vraiment sa vie publique. Le Carême s’appelait d’ailleurs à une époque la Sainte Quarantaine et le mot « Carême » est en fait dérivé du latin « quadragesima » qui se traduit par « quarantième ».

La pratique du Carême remonte au IVème siècle, vers l’an 360 environ. Elle a été instituée lors du Concile de Laodicée. Rappelons au passage que ce concile, qui se tenait dans cette petite ville située près de l’actuelle Denizli en Turquie, a proclamé par ailleurs un certains nombres de «Canons », certains d’entre eux pouvant paraitre un peu désuets de nos jours, voire même passablement saugrenus, comme par exemple le Canon 36 qui défendait aux prêtres d’être des magiciens, des astrologues ou des mathématiciens, ou bien encore le Canon 53, assez savoureux, qui interdisait aux chrétiens de danser aux noces auxquelles ils assistaient !

Mais au-delà de l’anecdote, l’institution de ce temps de quarantaine a été fondamentale. Car ce temps est vraiment devenu au fil des années une période d’attente de la Fête de Pâques. Un temps où nous sommes invités à vivre en nous recentrant sur le Christ, en renforçant notre vie spirituelle et en essayant de nous extraire du tumulte et du brouhaha qui entoure notre vie soi-disant « moderne ». En quelque sorte, un temps pour retrouver notre sérénité.

Le Carême est-il un temps de « pénitence » pris au sens de « punition » ? Certainement pas ! Il faut prendre ici le mot « pénitence » dans son vrai sens d’une préparation à la fête de Pâques par la prière, le don et le jeûne, afin de créer un environnement de réflexion et de méditation sur les valeurs essentielles de notre condition humaine. C’est le temps où nous revenons aux choses importantes. Dans ce contexte, jeûner ne veut pas dire qu’il faille, au sens commun du terme, se priver totalement de nourriture : jeûner consiste à se priver de certaines choses qui encombrent notre vie afin de focaliser notre énergie sur d’autres choses bien plus importantes comme la Parole du Christ. Prenez un exemple tout à fait simple : êtes-vous prêts à vous priver d’internet et de télévision pendant 40 jours ? Hum… pas sûr… mais si vous le pouvez, essayez ! Vous constaterez que votre perception du monde va grandement changer, que votre rythme intérieur va s’apaiser et que, par là-même, en faisant plus d’espace dans votre vie, vous aurez plus de temps pour méditer et reprendre des forces intérieures.

Le Carême c’est finalement un temps où nous devons nous souvenir que nous sommes tous mortels, en attente de résurrection. Mais… cela nous effraie tous un peu, et il y a de quoi ! Alors nous essayons de l’oublier lors des derniers jours qui précèdent le Mercredi des Cendres  en nous enivrant de tout, en chantant et en dansant jusqu’au Mardi Gras, comme pour profiter des derniers moments de « liberté » qui nous restent ! Discutable…. car la liberté n’est pas toujours là où nous pensons la trouver et faire la fête n’effacera pas la marche inéluctable du temps.

Alors, en Carême entre Cendres et Pâques, essayons de nous parler à nous-mêmes, de voir clair en nos vies, en tenant toujours par la main le petit enfant qu’un jour nous avons été.

Bernard Vollerin

5ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Petite friture et gros poissons

(5ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 5, 1-11)

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IMG_5eme_TO_C_petite_friture_gros_poissonsLes marseillais vous diront : « Ce n’est pas comme sur le Vieux Port où tous les matins les pêcheurs vendent leur poisson à la criée : ils déballent, rabattent le client et avant que le soleil ne leur chauffe trop la tête, ils vendent petite friture et gros poissons pris pendant la nuit. Avec leur argent en poche, ils peuvent ensuite aller prendre un bon pastis et faire la sieste ! » Car, en effet, pour Simon et ses amis, c’est tout le contraire : les filets sont vides… et il faut tout de même nourrir les familles.

C’est à ce moment précis qu’intervient Jésus pour aider ces pêcheurs dépités. Il leur redonne espoir et leur montre qu’obéir à sa parole et lui faire confiance remplira leurs filets. Bien qu’à priori il ne connaisse rien à la pêche, Jésus arrive à mobiliser Simon et ses amis, et ils repartent jeter leurs filets en eaux peu profondes pour attraper de la petite friture, comme plus loin des berges, dans le tréfonds du lac, pour prendre de plus gros poissons.

Il en est de même pour nous, le Christ nous engage à aller à la rencontre de notre prochain, que ce soit nos amis ou notre famille tout près de nous, près de la berge, ou bien de ceux qui sont plus loin de nous et qui, comme au fond d’un lac, se sont enfoncés dans les profondeurs de leur misère humaine sans espoir de voir le soleil briller pour eux.

Le naturaliste genevois Charles Bonnet* disait : « Les poissons forment un peuple de muets. » C’est bien vrai et c’est donc à nous de redonner parole à ceux que nous rencontrons. Obéissons à Jésus, faisons lui confiance et jetons nos filets en annonçant autour de nous la Parole du Christ pour pouvoir embrasser tous ceux qui auront répondu à notre appel, et serrer contre nous ceux qui auront été touchés par ce message de paix et d’amour que nous a transmis le Seigneur.

Pêcheurs d’hommes, n’attendez plus ! Jetez vos filets ! Remplissez vos barques et ramenez sur le rivage ceux qui ont besoin d’amour.

Bernard Vollerin

*Charles Bonnet (1720-1793), « Contemplation de la Nature », 1764.

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 1-11)

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’éloigner un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L’effroi, en effet, l’avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

Présentation du Seigneur au Temple (2 février) – Années A-B-C

Mes yeux ont vu ton Salut

(2 février, Présentation du Seigneur au Temple, années A-B-C, Luc 2, 22-32)

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(Texte en polonais, traduction de Joanna S.)

IMG_presentation_temple_2Tiens ! Encore une fois ce rituel des 40 jours… La Présentation au Temple se fait 40 jours après Noël.… comme l’on parle des 40 jours passés par Jésus au désert, des 40 jours de Carême, etc… ou encore chez les musulmans quand on célèbre le 40ème jour après la mort d’une personne. Les exemples sont légion.

Chez les Juifs de l’époque, il fallait que les parents d’un nouveau-né se purifient pendant 40 jours. Au terme de cette période, pour un enfant mâle, ils devaient venir présenter leur enfant aux prêtres du Temple conformément à la loi de Moïse. La tradition voulait également que les parents amènent un présent à offrir en sacrifice. Au minimum il s’agissait d’un couple de tourterelles ou de deux pigeons. Les plus riches devaient même apporter un agneau.

Cette fête de la Purification ce déroule donc 40 jours après la naissance du Christ que nous célébrons à Noël. Et puis le temps a passé et maintenant on appelle très souvent cette fête la Chandeleur. Ce nom vient du mot « chandelle » car, en effet, à partir du VIème siècle on célébrait à Rome à cette occasion, une procession qui commençait tôt le matin et devait se faire à la lumière de flambeaux ou de cierges, c’est-à-dire de chandelles. D’où le nom de chandeleur : la fête des chandelles. Cette fête fut et est célébrée dans toutes les Églises chrétiennes dans le monde.

Mais au-delà de ces « détails historiques », ce que nous apporte l’Évangile de ce jour ce sont des mots forts comme « Messie », « Lumière » et « Salut ». Ah oui, Syméon, homme juste et sage, sois heureux car ton âme brûlait du désir intense de voir le Messie, et ton vœu s’est accompli. A mille ans de distance, l’Abbé Guerric d’Igny* nous a fait de son côté une synthèse magistrale sur la rencontre de Syméon et de Jésus que je cite ici: « Réjouis-toi, juste vieillard, vois ce que par avance tu avais vu : les ténèbres du monde sont dissipées, les nations marchent à sa lumière, la terre entière est remplie de la lumière que tu portes en tes bras… Et vous frères, voyez le cierge qui brûle entre les mains de Syméon, allumez vos cierges en lui empruntant sa lumière. Alors, non seulement vous porterez une lumière entre vos mains, mais vous serez vous-mêmes lumière. Lumière dans vos cœurs, lumière dans vos vies, lumière pour vous, lumière pour vos frères ».

Mon Dieu, tu nous as envoyé ton Fils Jésus, et par lui mes yeux ont vu ton salut. Et cette vision je veux la porter aux quatre coins de la Terre pour que tous sachent qui Tu es, et qu’ils puissent connaitre la beauté de ton royaume.

Bernard  Vollerin

* Abbé Guerric d’Igny, moine cistercien, originaire de Tournai (Belgique), décédé en 1157 en l’Abbaye d’Igny (France), auteur de nombreux sermons.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 2, 22-32)

22 Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23 selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.

24 Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

25 Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

26 L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur.

27 Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient.

28 Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

29 « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu ton salut,

31 que tu as préparé à la face de tous les peuples :

32 lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. »

4ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Rejetez-vous les prophètes ?

(4ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 4, 21-30)

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IMG_4eme_TO_C_rejetez-vous_prophetesÇa fait froid dans le dos ! Lorsque, en fait, Jésus provoque les prêtres en leur disant en substance qu’ils ne savent pas reconnaitre les prophètes, ceux-ci deviennent furieux. Et en voyant ce qui arrive à Jésus, il pourrait peut-être nous arriver un peu la même chose, à nous, les relais de Jésus porteurs d’Evangile…

Car reconnaitre et accepter les prophètes, quel que soit leur domaine d’intervention est parfois difficile. Ils tirent très souvent des sonnettes d’alarme et ils dérangent. Ou bien ils voient poindre une embellie dans un monde parfois assez moche, et nous ne les croyons pas. Admettons le : nous ne sommes pas très réceptifs à ceux qui voient ou sentent les choses différemment. À l’évidence, nous sommes affligés de myopie et habités par un scepticisme quasi maladif.

Citons quelques exemples. Ces « prophètes à leur manière », économistes et philosophes  qui annonçaient depuis des décennies les dangers d’un capitalisme sauvage et incontrôlé n’ont rencontré que très peu d’écho… et toute la planète en subit les conséquences.  De même, pour ceux qui entrevoient sur cette terre un monde meilleur fait de plus de justice, de compassion, de respect, que ce soit pour nos semblables ou la nature qui nous entoure, l’accueil est mitigé, au mieux à peine tiède. Et bien sûr comme je le disais plus haut, c’est sans parler de nous, les chrétiens, porteurs de la Bonne Nouvelle et que bon nombre de gens seraient prêts à jeter par-dessus bord. Car nous sommes souvent perçus comme des gêneurs qui remettent en cause le fond de commerce de tous ces vendeurs de boniments qui agitent les yoyos de la société de consommation devant nos yeux !

Jésus en se frottant un peu trop fort aux prêtres de l’establishment de son époque a subit les effets cuisants de la franchise avec laquelle il communiquait son message. Cependant, comme le dit Luc, « passant au milieu d’eux, (il) allait son chemin. »

C’est ce que nous, les relais de Jésus porteurs d’Evangile, devons faire : allons notre chemin, ne nous soucions pas des critiques ou des ricanements des uns ou des autres. Parfois nous serons rejetés comme Jésus l’a été, mais cela n’entamera ni la foi que nous avons en la Parole du Christ, ni notre détermination à annoncer cette Parole au monde. Dépassons notre dimension humaine, allons à l’essentiel, atteignons les cœurs et les âmes et portons cette Parole d’amour d’un Dieu qui habite en nous comme nous habitons en lui.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc (4, 21-30)

Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : ‘Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !’ »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

3ème dimanche de Temps Ordinaire – Année C

Lettre à Théophile

(3ème dimanche du Temps Ordinaire, année C, Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21)

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IMG_3eme_TO_C_lettre_a_theophileOui, cher Théophile, tout au long des vingt quatre chapitres d’une cinquantaine de versets chacun qui constituent le récit de Luc, tu vas pouvoir suivre le parcours d’un Être extraordinaire, un homme venu de Dieu, Jésus de Nazareth.

Tu verras dès le début de ce récit que la venue de Jésus fut entourée d’un grand mystère que personne n’a encore réussi à percer. Marie, sa mère, enfanta à la même époque qu’Elizabeth sa cousine.  Toutes deux étaient bénies de la grâce de Dieu. Chacune d’elles mit au monde un fils. Ils s’appelaient Jésus et Jean.

Tu verras que, lors de son baptême par Jean devenu au fil du temps un visionnaire qui annonçait alentour la venue d’un Messie, Jésus fut inondé de l’Esprit Saint. Jésus était le Messie tant attendu. C’est à ce moment que commença son ministère. Dès lors, Jésus n’aura de cesse de dénoncer les fausses richesses et les travers malsains dans lesquels la société se vautrait. Par comparaison à ce monde frelaté, il parlait sans cesse du royaume de son Père, un monde éclatant de lumière fait de justice, de douceur, de paix, de compassion et surtout d’amour. Un univers où des mots comme haine, vengeance, brutalité, persécution et injustice n’ont plus de sens.

Tu verras également comment Jésus entouré de ses amis fit énormément de bien autour de lui. Il guérissait les corps mais aussi les âmes. Il apportait du réconfort à tous ceux qui l’approchaient. Il était venu pour servir et non pour être servi, pour donner et non pour demander. Oui, vraiment un Être extraordinaire envoyé par Dieu pour que nous gardions l’espérance en un monde meilleur.

Tu verras aussi que, par son attitude, son message et ce qu’il faisait, Jésus dérangeait les classes dirigeantes de son époque. Pour se débarrasser de ce gêneur, ils le condamnèrent sans réel motif et le tuèrent. Mais je pense que Jésus savait très bien qu’il lui fallait endurer jusqu’à la mort la fureur de quelques uns pour renaitre à la Vie auprès de son Père.

Oui, cher Théophile, ne sois pas en larmes lorsque tu liras le récit de sa Passion car la souffrance va avec ce monde. Pense avant tout au fait que Jésus est ressuscité et qu’il nous a ainsi ouvert la voie du royaume de Dieu pour que nous accédions nous aussi à la vraie Vie.

Bernard Vollerin

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 1-4 ; 4, 14-21)

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,

tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »